Laïcs Missionnaries Comboniens

Morceau de Coeur

Cristina Mongoumba
Cristina Mongoumba

“L’amour est un feu qui brûle sans qu’on le voie…”

J’ai en moi ce feu qui étouffe mais qui donne la vie !

Un feu qui, en lave, coule et jaillit dans l’endroit le plus caché de mon être… !

Il nous a donné de manger Son Pain et de boire Son Vin… !

Et dans cette simplicité, Il a fait de nous ses Fils les plus aimés et désirés par tous ceux qui cherchent à Vivre… !

Vivre de, avec et pour Son Amour…

Il est en moi, et moi en Lui.

Mon cœur est le Tabernacle, le Temple de la Résurrection.

Il renaît dans les blessures les plus profondes de ce Peuple Frère.

Un peuple qui souffre d’un tabernacle ouvert à tous.

Un peuple qui crie silencieusement à des oreilles malades d’ambition.

Peuple aux pieds nus, aux pieds craquelés par la terre sèche et boueuse.

Des corps minces, secs, forts, bien dessinés, couverts de veines palpitantes chargées de la même lave qui me soutient.

La différence entre nous est nulle, les larmes, les sourires, les douleurs, les soupirs étouffés dans les mains pleines d’espoir et de désir d’Amour. Ils sont semblables, les mêmes, authentiquement les mêmes…

Il y a bien des fois où je te vois dans la chair rouge et chaude des blessures que j’essaie de soigner par le toucher de mes mains.

Avec tendresse et douceur, je blottis ta douleur dans mon sein et je laisse mon cœur pleurer, car c’est toi qui te présentes à moi dans les visages des papas, des mamans, des enfants…

L’inégalité, l’indifférence, l’égoïsme, les droits de l’homme mutilés me laissent complètement désintégrée… !!!

Le poids de ma réalité augmente ma capacité de discernement et de résilience.

Avec beaucoup d’affection, j’enveloppe d’un tissu blanc imprégné de ton baume d’amour, tes blessures qui sont aussi les miennes… !

Nombreuses sont les fois où, dans ma conscience, j’ai présenté le “Non” à ton appel.

Mais me voici, Seigneur, à ta disposition, donne-moi les outils pour que je puisse travailler à la moisson de ton vaste et grand Amour…”.

La mission se fait dans “chaque” lieu où “vous” êtes… !

Cristina Sousa, Missionnaire Laïque Combonienne à Mongoumba

25 ans de présence des Laïcs Missionnaires Comboniens en Afrique Centrale

RCA LMC

“Etre avec les gens et être pour les gens”.

1er juin 2023. Mission Mongoumba, Centrafrique

Le 1er juin 1998, Teresa Monzón et Montserrat Benajes, Laïques Missionnaires Comboniennes (LMC) d’Espagne, sont arrivées à la mission de Mongoumba, en Centrafrique. Elles sont venues remplacer les laïques italiennes Marisa Caira, qui a donné 21 ans de service généreux, et Lucia Belloti. Depuis, d’autres laïcs, hommes et femmes, dont un couple marié, d’Espagne, du Portugal, d’Italie et de Pologne sont passés par la mission. Et très bientôt, une femme laïque du Brésil arrivera.

Actuellement, trois LMC exercent leur travail missionnaire à Mongoumba : Marcelina (Pologne), Cristina (Portugal) et Teresa (Espagne). Cette dernière est la même laïque qui a commencé la mission LMC ici il y a 25 ans, et cette fois-ci elle est venue servir pour une saison.

Le groupe LMC, qui, avec les Pères Comboniens, forme la communauté apostolique de la mission, a assumé diverses tâches pendant ce temps, comme les soins de santé, la réhabilitation physique, l’éducation scolaire et le peuple Aka (pygmée). Ils ont également accompagné les groupes pastoraux de la paroisse. Leur présence et leur travail missionnaire se veulent un témoignage pour les fidèles de la paroisse, afin de les motiver à vivre leur foi avec plus d’enthousiasme et de dévouement.

Les LMC n’ont pas manqué de moments d’épreuve, comme lorsqu’en 2000 ils ont dû prendre en charge, avec Médecins Sans Frontières, de nombreux réfugiés de la République Démocratique du Congo, où un village voisin de la mission de Mongoumba subissait des bombardements. Ils ont également dû prendre en charge le travail pastoral, car la mission est restée sans prêtre pendant deux ans. Et à la veille du coup d’état de 2003, ils ont dû vivre le pillage de la mission par des militaires congolais qui soutenaient le président déchu. Sans oublier le coup d’État suivant, en 2013, où ils ont été témoins de l’insécurité et de la désolation dans lesquelles se trouvait la population.

Mais ces mêmes épreuves, comme tant d’autres défis, loin d’affaiblir leur esprit missionnaire, leur ont donné le courage de résister et de faire face à une mission encore balbutiante, avec la ferme espérance que le Seigneur fera fructifier la semence que c’est maintenant à leur tour de semer. Une mission que la laïque Cristina résume en ces termes : “Au-delà des activités, le plus important est d’être avec les gens et d’être pour les gens”.

Félicitations au LMC pour ses 25 ans de présence en Afrique centrale.

P. Fernando Cortés Barbosa, Missionnaire Combonien

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Le peuple pygmée, gardien de la maison commune

Laudato Si
Laudato

Jesús Ruíz, évêque de Mbaïki (République centrafricaine) nous raconte comment ses communautés du peuple Aka (Pygmées) ont célébré la Semaine Laudato Si’. Jesús, qui a inspiré le mouvement LMC en Espagne, est en visite en Espagne ces jours-ci et nous avons eu la joie de partager un après-midi avec lui, au cours duquel son amour pour ses communautés transparaît.

Le bassin du Congo est le deuxième poumon de la planète et, malheureusement, le théâtre de crimes environnementaux similaires à ceux dont nous entendons souvent parler en Amazonie. De moins en moins de voix nous parlent de ce scénario de destruction massive de la forêt équatoriale. Jesús Ruíz promeut l’évangélisation intégrale du peuple, dans laquelle la Pâque du Seigneur se traduit par la résistance du peuple Aka à des siècles de discrimination, non seulement de la part des colonisateurs, mais aussi de la part du reste des peuples majoritaires d’Afrique centrale.

Les Aka sont habitués à recevoir des coups et à baisser la tête. C’est pourquoi le fait de mener une marche avec le slogan “Nous sommes les gardiens de la forêt” est d’une grande valeur. C’est un signe clair du charisme combonien. Comme les autres peuples autochtones d’Amérique, d’Asie, d’Océanie… les Aka sont conscients qu’ils ont gardé la Maison Commune pendant des siècles, dans l’invisibilité, et maintenant leur témoignage resplendit parce que leur environnement est en grave danger de disparition. Nous sommes redevables à toutes ces communautés.

Les Sœurs Comboniennes Lucía Font (espagnole) et Lucía Premoli (brésilienne) travaillent actuellement avec Monseigneur Ruíz et les peuples Aka, ce dernier en tant que responsable épiscopal de la commission Laudato Si’. L’expérience en Amazonie a incité ce dernier à mettre en pratique en Afrique tout le travail réalisé en Amérique latine. Dans la proche Mongoumba, la communauté LMC accompagne ce peuple depuis plus de 20 ans. Notre LMC Tere Monzón, qui a participé à cette mission pendant 10 ans, rentre en Espagne le 9.

Laudato SI

L’élan de l’encyclique Laudato Si’ mobilise un changement de système dans le monde entier, car le modèle de développement actuel ne respecte pas les personnes et le reste de la Création. “Nous avons besoin d’organisations pour nous aider à documenter tout ce qui se passe sur notre territoire, afin que cela soit connu. Le niveau de pollution au mercure dans les rivières, la perte d’espèces indigènes, l’enrichissement sauvage de quelques minorités grâce aux ressources nationales de ce “pays pauvre”. C’est la demande directe que nous fait Monseigneur Ruíz.

LMC Espagne

Mes premiers experiences en RCA

LMC RCA
LMC RCA

Je me sens comme l’un des héritiers  de la Vision prophétique de saint Daniel Comboni de ‘’Sauver l’Afrique par l’Afrique’’ dont aujourd’hui la vision s’est intensifié avec un  Afrique qui sauve le monde. Le seigneur nous dit « Comme le père m’a envoyé moi aussi je vous envoie » (Jn 20,21).

C’était un dimanche dont la matinée promettait un de ces beaux jours du 15 Mars, que j’ai posé mes bagages sur la terre de ma mission, le sol de la république centrafricains, je n’aurais pas des mots juste, pour exprimer ce que je ressentais au fond de moi dans ces instants-là. Je suis arrivé à Bangui, après une longue période de la formation y compris l’expérience communautaire à Kinshasa. ce fut pour moi un moment d’émotion avec un cœur, d’un côté en joie de la mission, de l’autre côté la douleur de séparation car derrière moi j’ai laissé le pays qui m’a vu naître, la terre de mes ancêtres, ma famille, mon travail, ma communauté, mes amis etc… je pouvais encore me souvenir du dernier tête à tête avec mon papa à la veille de mon voyage et ce matin-là à l’aéroport avec ma maman qui m’accompagnais ensemble avec le père aumônier de LMC du Congo, père célestin NGORE et notre coordonnateur de LMC de Kinshasa monsieur Gerald KAMBAJI.

Je savais Désormais que, j’appartenais dans une nouvelle famille, une terre nouvelle m’avais adopté j’étais en joie de savoir que le seigneur m’attendais ici en RCA et que j’aurais des nouveaux frères et sœurs.

Début de l’aventure

Dès mon arrivé à Bangui, j’ai été bien accueilli par le père Claude-Bernard mccj, qui était venu me récupéré et me conduire à la communauté ou je devais habiter. Arriver à la communauté il me présente la place et m’informera que je dois passer 14 jours en quarantaine pour observer si je présente les signe du corona virus. C’est dans cet instant que j’ai réalisé que, J’étais arrivé à Bangui dans un moment marqué par la pandémie du covid-19, ce fus un temps particulièrement difficile pour la délégation combonienne de la RCA car le premier cas du covid19 au pays c’était un père Comboniens, testé positif après son retour de l’Italie et tous ses confrères qui était en contact physique avec lui au moment de son retour à Bangui, ont été mis en quarantaine de 15 jours pour observer si eux aussi été contaminer.

C’est dans ce contexte que l’état avait pris des mesures préventif, pour limiter les risques de contamination dans un pays où il y a peu des structures sanitaires équipées capable de gérer cette pandémie à grande échelle. Donc pour chaque personne qui arrive au sol centrafricains devrais passer une période de mis en quarantaine de deux semaine temps d’observation, c’est dans ce contexte que j’ai passé mes 15 premier jours en quarantaine. Au début C’était des moments difficiles pour moi, des moments de solitude seule dans une pièce qu’à peine je venais faire connaissance. certes j’étais seul physiquement, mais je me sentait ensemble avec des milliers de personnes confiner dans le monde, les prisonniers arrêter injustement dans leur cellule, les malades sans soutiens, des personnes marginaliser et obligé de vivre dans la solitude, et je recevais des messages de soutiens et d’encouragement via le réseaux sociaux venant de tout bords. Je me fortifiai des paroles de notre saint patron ‘’les œuvres de Dieu prennent naissance aux pieds du calvaire’’, et comme c’était pendant le carême j’ai profité pour entrer en profondeur de ce mystère et de présenté encore ma mission au seigneur et passer des moments d’écoutes, enfin comme Comboni j’ai remercié jésus pour les croix.

La découverte de Centrafrique

Apres ma mise en quarantaine j’ai présenté aucun signe de covid19, je pouvais enfin sortir et entre en contact avec les autres, mais en respect des règles barrière. C’est ainsi que ensemble avec les pères nous avons entamé les démarches juridique pour être en règles avec les papiers. Enfin je pouvais découvrir la ville de Bangui je pouvais remarquer des Monument à chaque rond-point de la ville, comme le monument des Martyrs, de la paix, de Barthelemy Boganda et celui de oumar bongo Odima pour citer que ça. Une ville riche en culture. les arbres était couverts par la poussière car ici c’est la saison sèche qui dure six mois, je pouvais voir et écouter les centrafricains, comme c’était beau d’entendre cette nouvelle langue parler avec douceur et beauté une langue dont quelque mot est aussi utiliser en lingala qu’on parle à Kinshasa chez moi. Malgré ce quelque mot qu’on utilise aussi ici, mais c’était compliqué pour moi car je comprenais rien de cette langue qui s’appelle Sango chez moi au Congo le Sango signifie prêtre religieux alors qu’ici c’est le nom d’une langue donc j’ai compris que je dois tout apprendre moi qui pensais que les choses allais se ressemblé car la RDC et la RCA sont des pays voisin et qu’on partage d’autre tribu. J’ai conclus que, je devrais tout apprendre sans exception et que l’Afrique est un, mais ses diffèrent par la culture de chaque pays.

Au moment où le monde entier est touché par le coronan virus, les autorités centrafricains ont décrété urgence sanitaire et invitant la population de se confiner et stricte interdiction de rassemblement de plus de 15 personne donc plus d’école, église, bar et toutes rassemblement sportif ou autre. Mais ici la majorité de la population ne respecte pas le confinement décrété par les autorités, je réalise que c’est difficile pour une population majoritairement pauvre qui vivent au tôt du jour comme on dit ici. Donc ils sont obligés de sortir pour vendre et cherché quoi nourrir leurs familles. C’est ici que j’ai réalisé la grâce du seigneur et la protection divine.

LMC RCA

En ce moment je suis encore à Bangui pour continuer d’apprendre la langue et des choses utiles pour ma mission à Mogoumba. Notre fondateur, saint Daniel Comboni demande de former de saints et capables, en cette période d’apprentissage, je reste patient, ouvert et beaucoup d’écoute j’adopte l’attitude d’un enfant. Je vous demande de prié pour moi, je n’oublierais pas de faire de même.

Enoch, LMC

« Ayez confiance en Jésus et suivez le dans le noir » dixit Anna Obyrtacz, laïque Missionnaire Combonienne en fin de mission en République Centrafricaine.

Anna RCA
Anna RCA

Elle n’a jamais voulu partir. Elle rêvait fonder une famille et vivre à la campagne en Pologne, mais une soirée passée à l’église dominicaine lui a bouleversé la vie. Anna Obyrtacz, missionnaire laïque Combonienne en fin de mission en RCA parle de sa vocation et de sa mission dans la ville de Moungoumba dans la Lobaye auprès des pygmées en qui elle a trouvé Dieu.

La Rédaction (LR) : Bonjour Anna ! Comment avez-vous reçu l’appel à servir le Seigneur comme Laïque Missionnaire Combonienne ?

Anna Obyrtacz (AO): je n’ai jamais pensé à la mission. Cela n’a jamais été mon rêve ou mon désir profond. J’étais une jeune qui aspirait au mariage et à une belle vie à la campagne. Mais le Seigneur étant grand est venu à ma recherche pour m’envoyer dans sa moisson. Moi missionnaire ? Cela m’amuse souvent quand j’y pense, puisque ce n’était pas ma plus profonde aspiration il y’a quelques années en arrière. Maintenant, je peux vous assurer que je ne saurai penser ma vie sans la mission et au quotidien, je me demande toujours où est ce que cette marche à la suite du Seigneur m’amènera.

J’ai étudié à Cracovie en Pologne où j’ai même commencé à travailler. Ma rencontre avec les missionnaires comboniens était un hasard. Pour moi peut-être, mais pas pour Dieu. Cette rencontre s’était faite au mois de mars 2012 dans une communauté des dominicains que je fréquentais. Ce jour les comboniens avaient organisé une adoration.

LR : Et que s’est-il passé ensuite ?

AO : Après mes études supérieures et l’obtention du travail, je vivais tranquillement ma petite vie. Je pensais comme je l’ai déjà dit à fonder une famille. Du coup, j’étais un peu concentré sur mon travail et ma vie de prière, j’entends par vie de prière, la messe, l’eucharistie, la prière quotidienne. Puis un jour, poussé par quoi, je ne saurai le dire, j’ai eu l’inspiration de rejoindre la nouvelle pastorale académique. Cette pastorale dénommé KOMPAS s’occupait essentiellement des jeunes.  Sur invitation d’un père Combonien responsable, j’ai rejoins l’équipe pour une retraite spirituelle. Lors de cette retraite, j’ai fait la connaissance de plusieurs personnes, surtout des personnes impliquées dans les activités missionnaires à travers le monde. J’ai pu échanger avec eux sur la mission et sur comment devenir missionnaire. Mais en ce moment, l’esprit d’aller en mission ne m’avait pas encore effleuré la pensée.

LR : Cependant juste après cette première expérience faite à la retraite, vous êtes parti pour l’Afrique. Comment l’expliquez-vous ?

AO : Peu de temps après cette expérience, j’ai commencé à penser à la mission. Les conversations faites avec les missionnaires rencontrées lors de la retraite me revenaient à l’esprit. Fort de cela, je commençais à m’intéresser à la mission. J’ai commencé à faire de nouvelles rencontres, surtout avec les missionnaires. Plus tard, j’ai eu la grâce d’être envoyer en Ouganda pour un mois pour ma première expérience missionnaire, c’était en 2013. En quittant la Pologne, je m’attendais à vivre le pire en Ouganda, mais quelque chose me disait au fond de moi, ça vallait le coup d’essayer.

LR : Quelle a été votre première impression de l’Afrique ?

AO : Je me souviens comme d’un brouillard, qu’il faisait très chaud (rires). Au début, il y’ avait toute une pression, je voulais vraiment bien faire tout ce qu’on me confiait. On avait la passion, le désir, mais la langue constituait notre barrière. Je me souviens du visage des enfants de l’orphelinat où on travaillait, ils avaient envie de nous parler, mais vu qu’on ne parlait qu’anglais, et eux leurs langues locales, c’était un peu difficile. Et donc à défaut de communiquer, on restait là avec eux sans mots, juste comme ça et cela nous touchait énormément.

Après un mois passé en Ouganda, je suis rentré en Pologne où j’ai regagné les laïques missionnaires comboniens afin de discerner ma vocation, soit d’être : missionnaire en Afrique ? Dans mon propre pays ? Travailler ? Me marier ? …

LR : Vous vous êtes battu avec ces pensées pendant longtemps ?

AO : Dans la vie parfois la monotonie nous amène à vouloir changer notre mode de vie. Du coup, je devrais prendre le temps nécessaire pour discerner ce que je ressentais. A cet effet, sur accord des responsables, j’ai été à la retraite ignacienne chez les Jésuite à ZAKOPANE. Un moment de seul à seul avec soi-même et avec le Seigneur. Pendant ces précieux jours passés chez les Jésuites, le Seigneur a répondu à toutes mes inquiétudes et il m’a également posé des questions, mais je lui faisais confiance. A un moment donné de notre vie, nous devons apprendre à devenir « aveugle » et à laisser le Seigneur nous guider. En polonais on dit : « aller dans le noir ». Décider d’aller dans le noir et laisser Jésus nous guider.

Un autre aspect important dans ma vocation, c’est le soutien de ma famille. Elle m’a beaucoup soutenu dans mes débuts et pendant mes expériences missionnaires. Je prie le Seigneur de les bénir et de les combler de paix.

LR : Pourquoi l’Afrique et la République Centrafricaine ?

AO : pour les Comboniens, l’Afrique est une terre si spéciale. Notre fondateur a commencé sa mission en Afrique et il aimait beaucoup ce continent. A l’époque, on avait plusieurs options : le Mozambique, l’Ethiopie et la RCA. La RCA était présenté comme un pays post conflit, pas du tout stable et beaucoup craignaient d’y aller. Tout portait à croire que la mission en RCA allait être un sacerdoce : les pauvres, la guerre, l’insécurité etc. Ce qui inquiétait le plus, c’est le français (rires). Je ne l’avais jamais étudié, vous voyez ? (rires). Mais j’ai pris mon courage à deux mains pour venir, surtout venir à l’exemple de Comboni pour servir les pauvres. Je puis vous dire aujourd’hui avec beaucoup de sincérité, que la Centrafrique est un merveilleux pays. Je reviendrai ici, ici en RCA mon second pays.

LR : Comment avez-vous préparé votre départ pour Bangui, en dépit de votre petite connaissance en français ?

AO : c’était bien. J’ai officiellement rejoint la communauté des laïc missionnaires comboniens, Le 12 JUIN 2015 à Varsovie avant mon départ pour le Congo RDC où je devrais apprendre le français. Puis la messe de l’envoie en mission présidée dans ma paroisse Saint Jean Baptiste à Orakwa  à l’occasion de la fête du sacré – cœur de Jésus par Mgr Grzegorz Rys.  Arrivée au Congo (RDC) où j’ai passé 4mois, j’ai été reçu par une consœur congolaise du nom d’Irène.  Elle m’a aidé à comprendre la mentalité africaine, surtout celle de l’Afrique centrale. C’était un moment fantastique, puisque j’y étais seulement pour l’apprentissage de la langue. Le jour de mon départ pour Bangui, Irène m’a conseillé en ces termes : « souviens-toi que tu as été envoyé à ces gens, essaie de les comprendre et de les aimer. Partage ce que tu as avec eux alors tu connaitras le bonheur ».

LR : Quelles ont été les premières difficultés après votre arrivée en RCA ?

AO : De Kinshasa où je vivais comme en Europe, je me suis retrouvé dans un buisson sans accès à internet, à l’électricité et à l’eau chaude (rires). Ce premier mois a été difficile. Difficile parce que je n’avais pas beaucoup d’amis, je devrais tout refaire à zéro. Et je suis heureuse d’avoir réussi à aller au delà des amitiés, je me suis fait une famille.

LR : Quel a été votre ministère à Moungoumba ?

AO : la communauté des laïcs de Moungoumba est composé deux quatre laïcs : un italien, deux portugaises et moi une polonaise. Nous prenions les décisions ensemble sur notre façon de vivre et sur comment aider la population. A moungoumba les laïcs s’occupent de l’éducation, des pygmées et aussi de la santé. En ce qui me concerne, je travaillais au dispensaire. Concrètement, je soignais les pygmées prioritairement, puis les enfants souffrant de malnutrition. De temps en temps, nous organisons les séances de formation à l’intention des personnels soignants etc.

LR : c’est une mission unique à cause des pygmées qui y vivent. Comment aidez-vous cette minorité ?

AO : les pygmées occupent une place particulière dans toutes nos activités. Ils sont prioritaires. Ils ne sont pas trop considérés dans cette partie de la RCA. Ce sont ces types de personnes que notre fondateur souhaitait rencontré et servir. Mais travailler avec eux n’est pas aussi facile que ça, car ce sont des personnes très libres, qui n’aiment pas beaucoup être enfermé dans certains cadres par exemple. Petit à petit, nous leurs avons appris à écrire et à lire, à avoir une bonne hygiène de base, à éviter les maladies dues à la saleté etc. Nous avons essayé de leur montrer une autre manière de vivre, vivre en étant indépendant, vivre en sachant gérer le peu d’argent qu’ils ont.

LR : Quels sont les besoins dans ce terrain ? Quels sont les principaux problèmes qui affectent la République centrafricaine et ses habitants ?

AO : ce dont la RCA a le plus besoin, c’est la paix. La paix dans les rues, la paix dans les cœurs, la paix dans les villes. Les gens veulent vivre sans crainte, élever leurs enfants, aller au travail, cultiver. Le gouvernement doit ménager aucun effort pour garantir la sécurité de cette population qui n’aspire qu’à vivre en paix.  Un autre défi de la RCA, c’est l’éducation et la création des entreprises. Les jeunes doivent bien étudier, dans de très bonnes conditions et aussi trouver des opportunités d’emploi à la fin de ces études.

LR : Quelles sont les menaces du service missionnaire dans cette région ?

AO : en ce qui concerne Moungoumba, nous étions en sécurité, dans une zone très sûre où rien ne nous dérangeait. Toutefois la RCA est très vaste et il existe encore des zones où les gens se cachent, vivent en danger constant où le conflit armé est ouvert. La seule menace c’est peut-être la maladie. Les médicaments sont bien sûrs disponible, mais vous ne savez  jamais là où elle peut vous amener. Mais Dieu nous protège toujours.

LR : quelle invitation avez-vous à adresser au monde en faveur de la RCA ?

AO : j’invite les uns et les autres à soutenir la RCA à travers la prière et surtout les aides concrètes. Je veux dire des aides en termes de projets, d’accompagnement financier etc. j’invite les autres laïcs et missionnaires à venir dans ce beau pays.

LR : Anna qu’est-ce que la mission en RCA vous a personnellement donnée ?

AO : j’ai appris encore à plus m’ouvrir à d’autres personnes, très souvent différentes de moi et élevée dans une culture différente. Vivre sobrement dans l’humilité en se contentant des moyens de bords que nous avons est l’une des belles expériences que j’ai eues. Cette expérience m’a aussi montré que quand on quitte notre famille biologique, Dieu nous en donne une autre.

LR : Quels sont vos projets pour le futur proche ?

AO : Après les vacances en Pologne, je me rendrai au Canada pour trois ans afin de suivre une formation en psychologie. C’est un programme préparé pour les missionnaires. Et comme je l’ai dit ci-haut, si Dieu me garde en vie, je reviendrai en RCA pour apporter une aide psychologique plus spécialisée aux personnes qui ont vécu des expériences de guerre traumatisantes et plus encore. Une fois de retour en RCA, je donnerai plus d’espoir à ceux qui ont été blessés et abandonnés.

Propos recueillis  par Eustache Michael Mounzatela