Laïcs Missionnaries Comboniens

Faire cause commune avec les pauvres et la maison commune

Encuentro Amazonia

Lettre de la rencontre combonienne d’écologie intégrale

Encuentro Amazonia

Une trentaine de membres de notre Famille missionnaire (CLM, Séculiers, Sœurs Comboniennes et Comboniens, dont trois provinciaux), venant d’Afrique, d’Amérique et d’Europe, se sont réunis du 27 juillet au 03 août 2022 à Belém do Pará, au Brésil, à l’occasion du Xème Forum Social Panamazonien (X FOSPA) et de la Rencontre Combonienne d’Ecologie Intégrale.

Ensemble, nous avons ouvert nos oreilles, nos cœurs et nos esprits aux cris et gémissements de la Terre Mère, des peuples amazoniens et des communautés que nous accompagnons, qui réclament la pleine régénération des filles et des fils de Dieu de la Vie (cf. Rm 8,19-23), présents dans toute la Création. Nous l’avons fait en continuité avec le long parcours des Forums Comboniens et la cartographie de la ministerialité sociale dans notre Famille et mission.

Nous nous inspirons de la mystique des peuples originels et de leur lien étroit avec les éléments fondamentaux du cosmos dont les eaux, les rivières, les forêts, la terre et tous les êtres. A travers ces éléments, Jésus de Nazareth continue à nous inviter à “contempler les oiseaux du ciel et les lys des champs” (Mt 6,26.27) pour apprendre et assumer, ensemble, la vie en abondance. En partant d’une ÉCOUTE attentive, respectueuse et compatissante de la réalité de nombreux peuples :

1. NOUS RECONNAISSONS que la crise climatique, socio-environnementale et politique, dérivée du modèle économique dominant et non durable, qui sépare, exclut et tue, met gravement en danger la survie de l’humanité et l’épanouissement vital de toute la Création, dans les territoires où nous vivons notre vocation et notre mission au service du Royaume. Ce sont les peuples indigènes, les communautés traditionnelles, les femmes et les jeunes qui nourrissent encore l’espoir, par leur résistance et la détermination à défendre l’Amazonie.

2. NOUS PRENONS CONSCIENCE que la gravité de la situation exige de toute urgence, de la part de l’Église et de nos Instituts, de déclencher des processus de conversion écologique.

Nous estimons donc qu’il est nécessaire :

  • De revoir, désapprendre et défaire certaines de conceptions et expériences en relation avec Dieu et la nature, entre hommes et femmes, sur l’inculturation, les pratiques pastorales et la liturgie ;
  • D’intégrer, dans notre action missionnaire, la défense des corps de ceux qui luttent pour le respect de l’environnement et des territoires où nous sommes présents ;
  • De cultiver et de partager l’éco-spiritualité, les relectures bibliques et le lien entre la foi et la vie ;
  • D’adopter une méthodologie missionnaire qui nous permette d’être plus connectés et de nous immerger efficacement dans les valeurs, les langues, les cultures et le caractère sacré des peuples et des territoires avec lesquels nous sommes en relation,
  • De revoir et de corriger, dans nos projets et structures, les styles de vie et de consommation incompatibles avec la sobriété écologique et évangélique ;
  • D’investir dans une formation de base et permanente qui intègre, en théorie et en pratique, les principes de l’écologie intégrale ;
  • D’informer et d’encourager les églises locales et notre Famille combonienne sur les événements, les moyens et les processus qui nous aident à assumer et à approfondir l’expérience de synodalité et de ministerialité sociale dans une perspective écologique,
  • De renforcer la solidarité, la participation, l’accompagnement et la mise en réseau avec les peuples autochtones, les laïcs, les congrégations, les mouvements sociaux et les organisations inter-ecclésiales et extra-ecclésiales.

3. NOUS PROPOSONS aux bureaux de coordination de nos Instituts, aux conseils des circonscriptions de tous les continents, aux responsables des secteurs et à tous les membres de notre Famille :

  • D’assumer, comme inspiration commune, l’adoption du Pacte Combonien pour la Cause Commune et, comme axe transversal de notre activité et présence missionnaire, l’Ecologie Intégrale ;
  • De promouvoir un échange permanent de réflexions, d’apprentissages et de pratiques entre les membres de la Famille Combonienne ;
  • D’échanger du personnel entre les communautés et les circonscriptions travaillant sur le même territoire ou la même région ;
  • De qualifier nos processus formatifs par la recherche, le partage de méthodologies d’intervention et de transformation sociale et la définition et l’intégration théorico-pratique de l’écologie intégrale, en harmonie avec Laudato Si‘ et Dear Amazonia,
  • De participer à la discussion et à l’élaboration de plans pastoraux dans les diocèses et les paroisses qui assument les principes de l’écologie intégrale ;
  • De promouvoir notre qualification et notre participation aux organes de représentation et de décision politique pour la défense de la Maison commune
  • De soutenir et d’appuyer les mécanismes et les pratiques de l’économie circulaire inclusive
  • D’accueillir et défendre les personnes en danger ou menacées en raison de leurs luttes.

4. NOUS ASSUMONS, en tant que participants à cette rencontre familiale et à cette riche expérience d’écoute, l’engagement de :

  • Diffuser et soutenir la Déclaration panamazonienne de Belém, qui intègre les connaissances et les sentiments partagés lors du Xe FOSPA ;
  • Donner une continuité à la réflexion et au partage des intuitions qui ont émergé lors de ces assises ;
  • Traduire et de vivre, dans les différents contextes de notre mission, l’inspiration charismatique de Comboni (Sauver l’Afrique par l’Afrique) et le slogan “Amazonízate”, qui a résonné fortement parmi nous pendant ces jours, en respectant et en promouvant toujours le protagonisme des peuples originaires.

5. NOUS CONFIONS ce processus que nous voulons entreprendre à l’intercession et à la protection des martyrs de l’Amazonie, qui nous encouragent à la radicalité et à la fidélité dans la suite de Jésus et dans le vécu de notre charisme commun.

Du flux de la vie, sur les rives de la rivière Guamá, à Belém do Pará, le 03 août 2022.

Encuentro Amazonia

Les participants

Célébrer nos talents et nos expériences en tant que LMC II

LMC Europa

Après une pause déjeuner bien méritée, nous avons repris les ateliers avec le témoignage missionnaire de la communauté portugaise de Fetais. Le LMC portugais a décidé l’année dernière d’ouvrir une présence communautaire dans la banlieue de Lisbonne. Dans un quartier d’une grande diversité de nationalités où se distinguent les migrants des anciennes colonies portugaises d’Afrique, mais où l’on trouve aussi des Latino-Américains et des personnes d’origine asiatique. Tout cela avec des Portugais, dont beaucoup sont d’ethnie gitane.

Cette grande diversité fait que vivre là-bas est bien loin de ce qui est habituel dans le Pays. Sans doute un creuset de cultures qui apporte beaucoup de richesses, mais parfois avec de nombreuses difficultés liées à leur condition d’exclusion.

Cette expérience a également donné lieu à un débat sur les droits des migrants dans l’Union européenne, sur la politique commune qui ne facilite pas l’immigration et sur la manière dont les exigences inégales d’un pays ou d’un autre peuvent également entraîner un désavantage pour les personnes en fonction de la législation locale.

Ensuite, les LMC d’Espagne nous ont aidés à aborder une présentation très élaborée sur l’importance du advocacy dans notre action missionnaire en Europe. Prendre conscience de la manière dont le pape François nous encourage à prendre une position et une responsabilité politiques plus importantes en tant que laïcs, car la politique, en tant que service du bien commun, marque définitivement la vie des gens. Quelle est l’importance de l’influence sur le changement de la législation, de la sensibilisation des gens aux différentes questions qui affectent tant la protection de la planète, les migrations, etc.

La présentation a été accompagnée de l’intervention externe de Sœur Benjamine qui nous a parlé du travail effectué par Talita Kum contre la traite des êtres humains au niveau international. Le frère Simone nous a parlé du travail de VIVAT International et de la pression qu’ils essaient d’exercer sur l’ONU et Genève pour changer les politiques mondiales, et le père Lorenzo a partagé avec nous la lutte de la réseau Église et Mines contre les activités minières abusives en Amérique latine. Tous ont renforcé la responsabilité et la nécessité de travailler dans ce secteur que nous avons en Europe.

La dernière session de la journée a été confiée aux LMC d’Italie, qui ont présenté plusieurs des projets qu’ils développent dans différentes régions du pays. De l’accueil des migrants dans la communauté de La Zattera à Palerme. Un endroit où ils peuvent organiser leur vie, se reposer et commencer à s’intégrer dans la nouvelle société.

Dans ce sens, Venegono a expliqué les projets qu’ils développent à partir de Combinazione, comme les différents centres d’accueil pour réfugiés qu’ils gèrent, où ils agissent du premier accueil au dernier recours sur le chemin d’une vie indépendante, où ils facilitent la sortie des ressources précédentes.

Ils ont également expliqué le travail de sensibilisation qu’ils effectuent dans les écoles. Apporter les réalités du monde aux enfants et aux jeunes, avec des projets de sensibilisation adaptés aux différentes tranches d’âge, parfois avec le témoignage de migrants africains. Ou encore avec la publication d’un livre qui aide à comprendre la réalité d’une société en mutation et le rôle de chacun dans cette société, notamment des plus jeunes.

Enfin, Simone a partagé avec nous son expérience de vie en tant que LMC dans la communauté religieuse combonienne de Castel Voturno et en particulier son travail dans l’association Black and White qui tente d’offrir des alternatives éducatives et de loisirs aux enfants des migrants arrivés en Italie et qui y sont nés et n’ont même pas droit à la citoyenneté italienne. Cette ressource devient également le seul lieu de loisir ou d’étude possible pour ces garçons et ces filles en raison des mauvaises conditions du quartier où ils vivent.

A la fin de cette journée intense, nous avons pu avoir un temps de calme et de prière ensemble organisé depuis l’Espagne. Une prière simple dans les différentes langues, où nous avons pu déposer aux pieds du Seigneur tout ce que nous avons partagé, les besoins de toutes les personnes que nous servons et notre volonté de continuer le chemin là où Il nous appelle.

Avec le Notre Père dans chacune de nos langues, nous avons clôturé cette belle journée de partage et de rêver ensemble à partir des dons et des services que chacun d’entre nous a développés. Elle aura certainement éclairé beaucoup de personnes pour de nouvelles initiatives et encouragé tout le monde en sachant que nous sommes ensemble dans cette cause commune qu’est le Royaume de Dieu.

Un gros câlin à vous tous et merci à ceux qui ont participé, car avec vos contributions vous nous avez fait grandir.

Alberto de la Portilla. Comité Central du LMC

Célébrer nos talents et nos expériences en tant que LMC

LMC Europa

C’est sous ce titre suggestif que les LMC européens ont organisé une journée de réflexion samedi dernier.

Tout d’abord, nous tenons à remercier le comité européen pour l’organisation de cette réunion qui a nécessité des mois de travail. Ce n’était pas facile, mais au final, cela a très bien fonctionné et les traductions simultanées ont permis aux LMC de différents pays de participer et de bénéficier de toutes les interventions.

L’idée de la réunion était d’offrir une variété de contenus et d’expériences en fonction des intérêts, des activités et des engagements que nous développons en tant que LMC en Europe ou depuis l’Europe.

LMC Europa

La réunion a débuté par l’intervention des LMC allemands qui ont partagé leur grand travail sur le thème de la Paix. Ils ont commencé par soutenir des projets comboniens pour le développement de la paix au Soudan et ont étendu cette gamme aux différentes réalités conflictuelles auxquelles nous sommes confrontés sur la planète et même à un niveau local dans notre environnement proche. Tout cela avec une méthodologie d’approche qui cherche à comprendre le conflit et à promouvoir des solutions valables pour tous.

Ensuite, les LMC polonais nous ont encouragés à réfléchir à la manière de sensibiliser et de collecter des fonds pour le travail que nous faisons. L’importance d’inclure des partenaires a été soulignée, pas seulement quelqu’un qui peut apporter une aide ponctuelle, mais d’établir un lien qui nous permet de suivre le travail que nous faisons et de faire en sorte que les gens se sentent impliqués. Diverses initiatives et possibilités nous ont été présentées. Ensuite, différentes initiatives d’autres pays ont été partagées, qui sont en cours de réalisation et portent de petits fruits.

LMC Europa

Nous avons ensuite eu un temps de réflexion sur la mission en famille. Ce temps privilégié nous a permis de partager, sur la base de notre expérience, ce que signifie être en mission en tant que famille. L’incompréhension parfois de certains qui pensent qu’être en mission signifie avoir beaucoup de temps pour faire des activités, alors que par expérience nous nous sommes rendu compte que c’est vraiment notre témoignage de vie, dans ce cas en famille, qui nous rapproche des gens, de leur vie quotidienne.

Nous avons également réfléchi à l’importance de choisir des lieux où la famille peut se retrouver. Où le niveau de violence n’est pas élevé et où il est possible d’avoir un niveau minimum d’éducation et de soins de santé pour les enfants. L’importance du dialogue au sein de la famille, notamment lorsque les enfants atteignent l’adolescence et la jeunesse et prennent leurs propres décisions et font leurs propres choix de vie. En général, nous avons constaté que c’est un grand enrichissement pour les enfants. C’est sans aucun doute un très beau thème et très lié à notre réalité de laïque.

LMC Europa

Nous avons donc terminé les sessions du matin et sommes allés déjeuner.

Demain, nous finirons de vous parler de la réunion 😉

Salutations à chacun d’entre vous.

Alberto de la Portilla. Comité Central du LMC

Vers le Forum social combonien sur la ministérialité sociale 2021

Forum

COMMISSION DE LA MINISTÉRIALITÉ SOCIALE DE LA FAMILLE COMBONIENNE

VERS LE FORUM SOCIAL COMBONIEN 2021

ROME EUR 3 – 7 JUILLET 2021

Chers Confrères, Sœurs, Séculières et Laïcs Comboniens ! La paix soit avec vous !

Forum

Nous savons depuis un certain temps que vous attendez le feu vert pour indiquer les noms des représentants de vos provinces qui devaient participer au Forum de la ministérialité sociale. Nous vous remercions pour votre patience et votre disponibilité.

Malheureusement, vu l’impasse créée par la pandémie COVID-19, il n’a pas été possible de convoquer le Forum Social Combonien en juillet 2020 comme prévu et même l’hypothèse de se réunir à nouveau en décembre 2020 s’est effacée à cause de cette seconde vague de ces derniers temps. Nous regrettons une fois de plus de devoir reporter cet événement important en tant que famille combonienne, mais la situation nous demande, avec sagesse, de nous réorganiser pour des temps meilleurs.

L’ÉVÉNEMENT EST DONC REPORTÉ AU 3-7 JUILLET 2021.

Cependant, pour valoriser ce temps qui nous amènera au Forum en présence, nous pouvons animer la Famille Combonienne et la préparer pour l’événement.

Nous nous orientons vers deux événements webinaires de deux jours : un premier rendez-vous en décembre 2020, et un autre en mars 2021.

POUR LA PRÉPARATION :

Faire circuler l’article publié dans Nigrizia en septembre 2020 pour présenter le livre NOUS SOMMES MISSION. Les MCCJ le trouveront directement dans « FAMILIA COMBONIANA » de novembre 2020. Avec cette action, nous voulons aider les participants à se concentrer sur le travail et à arriver préparés pour l’événement de décembre 2020.

DÉCEMBRE 2020 :

2 WEBINAR, VENDREDI 4 et SAMEDI 5 DECEMBRE, DE 15h00 A 17h00 HEURE de ROME

Contenus : = Un changement d’époque : le chemin prophétique de l’Eglise (orateur à confirmer). Il vise à offrir un cadre de référence plus large au parcours du Forum Social Combonien, dans le contexte de Evangelii Gaudium (EG), Laudato Si (LS), Fratelli Tutti – Fratres Omnes (FO).

= Le Forum Social Combonien en comparaison avec le chemin prophétique de l’Eglise (conférencier à confirmer). Une réflexion théologique sur la voie du FSC.

Format :

= Deux webinaires de 2 heures, incluant un espace d’interaction (max 30 min). Le webinaire serait retransmis depuis Rome, avec la participation d’un groupe en présence. Dans d’autres lieux, lorsque cela est possible, les participants seraient invités à se rencontrer et à suivre les interventions ensemble (pour ensuite partager et réfléchir ensemble), mais les conférences seraient toujours diffusées en direct pour permettre de participer à tous ceux qui vont s’inscrire. L’enregistrement des conférences peut être téléchargé sur la chaîne YouTube pour les rendre accessibles même à ceux qui n’ont pas pu se connecter en direct.

Les deux conférences devraient faire l’objet d’une traduction simultanée dans plusieurs langues. Des questions directrices émergeront des conférences pour le partage / réflexion en groupe (ceux qui participent individuellement à Zoom peuvent le faire dans les temps de pause) et un travail chez soi à faire en préparation à l’événement de mars 2021.

Travail chez soi : dans les mois qui séparent les deux événements, les participants auront l’occasion d’approfondir les thèmes et de les mettre en dialogue avec leur pratique ministérielle. Parmi les outils d’étude approfondie, nous recommandons vivement la lecture du livre : NOUS SOMMES MISSION envoyé aux différentes provinces et communautés via une copie électronique et également sous forme de livre.

MARS 2021 : 2 WEBINAR, VENDREDI 5 et SAMEDI 6 MARS 2021

Contenus :

= Présentation de la cartographie des présences sociales et ministérielles de la famille combonienne et première analyse des données (en relation avec les contributions du webinaire de décembre) – travail de groupe à partir des résultats de l’analyse.

= Partage par les groupes de travail (sur Zoom, avec traduction en plusieurs langues)

Format :

Similaire à l’événement de décembre.

Le premier jour, il y aurait une conférence à organiser, suivie d’un travail de groupe. Le deuxième jour, il y aurait un partage des travaux des groupes (avec traduction simultanée) et le lancement du Forum Social Combonien en juillet 2021.

Travail chez soi : en préparation du FSC, les participants sélectionnés prépareront la présentation de leur expérience ministérielle la plus régénératrice.

JUILLET 2021 : 5 JOURS À ROME EUR : 3 – 7 JUILLET 2021

Le format du forum à Rome, resterait celui déjà élaboré par les organisateurs, avec des adaptations, une partie du programme ayant déjà été réalisée lors des deux événements de décembre 2020 et mars 2021. L’avantage sera qu’il sera possible d’approfondir davantage et que les participants arriveront beaucoup mieux préparés et impliqués dans la dynamique du Forum.

En novembre prochain, nous vous donnerons plus de détails sur le premier webinaire des 4 et 5 décembre 2020. Nous vous demandons d’informer vos membres des différentes provinces et communautés afin qu’ils puissent être présents à ces dates et dans ces 2 heures particulières pour participer activement à l’événement.

Forum

Au nom de la Commission de la Famille Combonienne pour la Ministérialité Sociale, je vous salue fraternellement et nous restons unis dans la prière en ce moment difficile mais aussi plein de nouvelles opportunités. Que Dieu nous accompagne et nous bénisse !

P. Daniele Moschetti, MCCJ
Coordinateur de la commission
Rome, le 16 octobre 2020

Message du Pape François. 4ème Journée Mondiale des Pauvres

pan

« Tends ta main au pauvre » (Si 7, 32)

pan

« Tends ta main au pauvre » (Si 7, 32). La sagesse antique a fait de ces mots comme un code sacré à suivre dans la vie. Ils résonnent encore aujourd’hui, avec tout leur poids de signification, pour nous aider, nous aussi, à concentrer notre regard sur l’essentiel et à surmonter les barrières de l’indifférence. La pauvreté prend toujours des visages différents qui demandent une attention à chaque condition particulière : dans chacune d’elles, nous pouvons rencontrer le Seigneur Jésus qui a révélé sa présence dans ses frères les plus faibles (cf. Mt 25, 40).

1. Prenons entre les mains le texte du Livre de Ben Sira, un des livres de l’Ancien Testament. Nous y trouvons les paroles d’un maître de sagesse qui a vécu environ deux cents ans avant le Christ. Il était en recherche de la sagesse, celle qui rend les hommes meilleurs et capables de scruter à fond les événements de la vie. Il le faisait à un moment de dure épreuve pour le peuple d’Israël, un temps de douleur, de deuil et de misère, à cause de la domination de puissances étrangères. Étant un homme de grande foi, enraciné dans les traditions des pères, sa première pensée était de s’adresser à Dieu pour lui demander le don de la sagesse. Et l’aide du Seigneur ne lui manqua pas.

Dès les premières pages, le Livre de Ben Sira donne des conseils sur de nombreuses situations concrètes de la vie, et la pauvreté en est une. Il insiste sur le fait que, dans le besoin, il faut avoir confiance en Dieu : «Ne t’agite pas à l’heure de l’adversité. Attache-toi au Seigneur, ne l’abandonne pas, afin d’être comblé dans tes derniers jours. Toutes les adversités, accepte-les ; dans les revers de ta pauvre vie, sois patient ; car l’or est vérifié par le feu, et les hommes agréables à Dieu par le creuset de l’humiliation. Dans les maladies comme dans le dénuement, aie foi en lui. Mets ta confiance en lui, et il te viendra en aide ; rends tes chemins droits, et mets en lui ton espérance. Vous qui craignez le Seigneur, comptez sur sa miséricorde, ne vous écartez pas du chemin, de peur de tomber. » (2, 2-7).

2. Page après page, nous découvrons un précieux recueil de suggestions sur la façon d’agir à la lumière d’une relation intime avec Dieu, créateur et amant de sa création, juste et providentiel envers tous ses enfants. La référence constante à Dieu, cependant, n’empêche pas de regarder l’homme concret, bien au contraire, les deux choses sont étroitement liées.

Ceci est clairement démontré par l’extrait biblique dont le titre de ce Message est tiré (cf. 7, 29-36). La prière à Dieu et la solidarité avec les pauvres et les souffrants sont inséparables. Pour célébrer un culte qui soit agréable au Seigneur, il est nécessaire de reconnaître que toute personne, même la plus indigente et la plus méprisée, porte l’image de Dieu imprimée en elle. De cette attention découle le don de la bénédiction divine, attirée par la générosité pratiquée à l’égard du pauvre. Par conséquent, le temps consacré à la prière ne peut jamais devenir un alibi pour négliger le prochain en difficulté. Le contraire est vrai : la bénédiction du Seigneur descend sur nous et la prière atteint son but quand elles sont accompagnées par le service aux pauvres.

3. Cet antique enseignement est combien actuel pour chacun de nous ! En effet, la parole de Dieu dépasse l’espace, le temps, les religions et les cultures. La générosité qui soutient le faible, console l’affligé, apaise les souffrances, restitue la dignité à ceux qui en sont privés, est en fait la condition d’une vie pleinement humaine. Le choix de consacrer une attention aux pauvres, à leurs nombreux et divers besoins, ne peut être conditionné seulement par le temps disponible ou par des intérêts privés, ni par des projets pastoraux ou sociaux désincarnés. On ne peut étouffer la force de la grâce de Dieu par la tendance narcissique de toujours se mettre à la première place.

Avoir le regard tourné vers le pauvre est difficile, mais plus que jamais nécessaire pour donner à notre vie personnelle et sociale la bonne direction. Il ne s’agit pas d’exprimer beaucoup de paroles, mais plutôt d’engager concrètement la vie, animée par la charité divine. Chaque année, avec la Journée Mondiale des Pauvres, je reviens sur cette réalité fondamentale pour la vie de l’Église, parce que les pauvres sont et seront toujours avec nous (cf. Jn 12, 8) pour nousaider à accueillir la présence du Christ dans l’espace du quotidien.

4. Chaque rencontre avec une personne en situation de pauvreté nous provoque et nous interroge. Comment pouvons-nous contribuer à éliminer ou, du moins, à soulager sa marginalisation et sa souffrance? Comment pouvons-nous l’aider dans sa pauvreté spirituelle ? La communauté chrétienne est appelée à s’impliquer dans cette expérience de partage, sachant qu’il ne lui est pas permis de la déléguer à qui que ce soit. Et pour être un soutien aux pauvres, il est fondamental de vivre personnellement la pauvreté évangélique. Nous ne pouvons pas nous sentir “bien” quand un membre de la famille humaine est relégué dans les coulisses et devient une ombre. Le cri silencieux des nombreux pauvres doit trouver le peuple de Dieu en première ligne, toujours et partout, afin de leur donner une voix, de les défendre et de se solidariser avec eux devant tant d’hypocrisie et devant tant de promesses non tenues, pour les inviter à participer à la vie de la communauté.

Il est vrai que l’Église n’a pas de solutions globales à proposer, mais elle offre, avec la grâce du Christ, son témoignage et ses gestes de partage. Elle se sent en outre le devoir de présenter les instances de ceux qui n’ont pas le nécessaire pour vivre. Rappeler à tous la grande valeur du bien commun est, pour le peuple chrétien, un engagement de vie qui se réalise dans la tentative de n’oublier aucun de ceux dont l’humanité est violée dans ses besoins fondamentaux.

5. Tendre la main fait découvrir, avant tout à celui qui le fait, qu’existe en nous la capacité d’accomplir des gestes qui donnent un sens à la vie. Que de mains tendues pouvons-nous voir tous les jours ! Malheureusement, il arrive de plus en plus souvent que la hâte entraîne dans un tourbillon d’indifférence, au point que l’on ne sait plus reconnaître tout le bien qui se fait quotidiennement, en silence et avec grande générosité. C’est souvent lorsque surviennent des événements qui bouleversent le cours de notre vie que nos yeux deviennent capables de voir la bonté des saints “de la porte d’à côté”, « de ceux qui vivent proches de nous et sont un reflet de la présencede Dieu » (Exhort. ap. Gaudete et Exultate, n. 7), mais dont personne ne parle. Les mauvaises nouvelles abondent sur les pages des journaux, sur les sites internet et sur les écrans de télévision, au point de laisser croire que le mal règne en maître. Pourtant il n’en est pas ainsi. Certes, la méchanceté et la violence, l’abus et la corruption ne manquent pas, mais la vie est tissée d’actes de respect et de générosité qui, non seulement compensent le mal, mais poussent à aller au-delà et à être remplis d’espérance.

6. Tendre la main est un signe : un signe qui rappelle immédiatement la proximité, la solidarité, l’amour. En ces mois où le monde entier a été submergé par un virus qui a apporté douleur et mort, détresse et égarement, combien de mains tendues nous avons pu voir ! La main tendue du médecin qui se soucie de chaque patient en essayant de trouver le bon remède. La main tendue de l’infirmière et de l’infirmier qui, bien au-delà de leurs horaires de travail, sont restés pour soigner les malades. La main tendue de ceux qui travaillent dans l’administration et procurent les moyens de sauver le plus de vies possibles. La main tendue du pharmacien exposé à tant de demandes dans un contact risqué avec les gens. La main tendue du prêtre qui bénit avec le déchirement au cœur. La main tendue du bénévole qui secourt ceux qui vivent dans la rue et qui, en plus de ne pas avoir un toit, n’ont rien à manger. La main tendue des hommes et des femmes qui travaillent pour offrir des services essentiels et la sécurité. Et combien d’autres mains tendues que nous pourrions décrire jusqu’à en composer une litanie des œuvres de bien. Toutes ces mains ont défié la contagion et la peur pour apporter soutien et consolation.

7. Cette pandémie est arrivée à l’improviste et nous a pris au dépourvu, laissant un grand sentiment de désorientation et d’impuissance. Cependant, la main tendue aux pauvres ne vient pas à l’improviste. Elle témoigne de la manière dont on se prépare à reconnaître le pauvre afin de le soutenir dans les temps de nécessité. On n’improvise pas les instruments de miséricorde. Un entraînement quotidien est nécessaire, à partir d’une prise de conscience que nous, les premiers, avons combien besoin d’une main tendue vers nous.

Ce moment que nous vivons a mis en crise beaucoup de certitudes. Nous nous sentons plus pauvres et plus faibles parce que nous avons fait l’expérience de la limite et de la restriction de la liberté. La perte du travail, des relations affectives les plus chères, comme l’absence des relations interpersonnelles habituelles, a tout d’un coup ouvert des horizons que nous n’étions plus habitués à observer. Nos richesses spirituelles et matérielles ont été remises en question et nous avons découvert que nous avions peur. Enfermés dans le silence de nos maisons, nous avons redécouvert l’importance de la simplicité et d’avoir le regard fixé sur l’essentiel. Nous avons mûri l’exigence d’une nouvelle fraternité, capable d’entraide et d’estime réciproque. C’est un temps favorable pour « reprendre conscience que nous avons besoin les uns des autres, que nous avons une responsabilité vis-à-vis des autres et du monde […]. Depuis trop longtemps, déjà, nous avons été dans la dégradation morale, en nous moquant de l’éthique, de la bonté, de la foi, de l’honnêteté. […] Cette destruction de tout fondement de la vie sociale finit par nous opposer les uns aux autres, chacun cherchant à préserver ses propres intérêts ; elle provoque l’émergence de nouvelles formes de violence et de cruauté, et empêche le développement d’une vraie culture de protection de l’environnement » (Lett. enc. Laudato Si’, n. 229). En somme, les graves crises économiques, financières et politiques ne cesseront pas tant que nous laisserons en état de veille la responsabilité que chacun doit sentir envers le prochain et chaque personne.

8. « Tends la main au pauvre », est donc une invitation à la responsabilité comme engagement direct de quiconque se sent participant du même sort. C’est une incitation à prendre en charge le poids des plus faibles, comme le rappelle saint Paul : « Mettez-vous, par amour au service les uns des autres. Car toute la Loi est accomplie dans l’unique parole que voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (…) Portez les fardeaux des uns les autres » (Ga 5,13-14 ; 6,2). L’Apôtre enseigne que la liberté qui nous a été donnée par la mort et la résurrection de Jésus Christ est pour chacun de nous une responsabilité pour se mettre au service des autres, surtout des plus faibles. Il ne s’agit pas d’une exhortation facultative, mais d’une condition de l’authenticité de la foi que nous professons.

Le Livre de Ben Sira vient une fois de plus à notre aide : il suggère des actions concrètes pour soutenir les plus faibles et il utilise également quelques images suggestives. Tout d’abord, il prend en considération la faiblesse de ceux qui sont tristes : « Ne te détourne pas ceux qui pleurent » (7, 34). La période de la pandémie nous a obligés à un isolement forcé, nous empêchant même de pouvoir consoler et d’être près d’amis et de connaissances affligés par la perte de leurs proches. Et l’auteur sacré affirme encore : « N’hésite pas à visiter un malade » (7, 35). Nous avons fait l’expérience de l’impossibilité d’être aux côtés de ceux qui souffrent, et en même temps, nous avons pris conscience de la fragilité de notre existence. En somme, la Parole de Dieu ne nous laisse jamais tranquilles, elle continue à nous stimuler au bien.

9. « Tends la main au pauvre » fait ressortir, par contraste, l’attitude de ceux qui tiennent leurs mains dans leurs poches et ne se laissent pas émouvoir par la pauvreté, dont ils sont souvent complices. L’indifférence et le cynisme sont leur nourriture quotidienne. Quelle différence par rapport aux mains généreuses que nous avons décrites! Il y a, en effet, des mains tendues qui touchent rapidement le clavier d’un ordinateur pour déplacer des sommes d’argent d’une partie du monde à l’autre, décrétant la richesse des oligarchies et la misère de multitudes ou la faillite de nations entières. Il y a des mains tendues pour accumuler de l’argent par la vente d’armes que d’autres mains, même celles d’enfants, utiliseront pour semer la mort et la pauvreté. Il y a des mains tendues qui, dans l’ombre, échangent des doses de mort pour s’enrichir et vivre dans le luxe et le désordre éphémère. Il y a des mains tendues qui, en sous-main, échangent des faveurs illégales contre un gain facile et corrompu. Et il y a aussi des mains tendues de ceux qui, dans l’hypocrisie bienveillante, portent des lois qu’eux-mêmes n’observent pas.

Dans ce panorama, « les exclus continuent à attendre. Pour pouvoir soutenir un style de vie qui exclut les autres, ou pour pouvoir s’enthousiasmer avec cet idéal égoïste, on a développé une mondialisation de l’indifférence. Presque sans nous en apercevoir, nous devenons incapables d’éprouver de la compassion devant le cri de douleur des autres, nous ne pleurons plus devant le drame des autres, leur prêter attention ne nous intéresse pas, comme si tout nous était une responsabilité étrangère qui n’est pas de notre ressort.» (Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n. 54). Nous ne pourrons pas être heureux tant que ces mains qui sèment la mort ne seront pas transformées en instruments de justice et de paix pour le monde entier.

10. « Quoi que tu fasses, souviens-toi que ta vie a une fin » (Si 7, 36). C’est l’expression par laquelle le Livre de Ben Sira conclut sa réflexion. Le texte se prête à une double interprétation. La première fait ressortir que nous devons toujours garder à l’esprit la fin de notre existence. Se souvenir du destin commun peut aider à mener une vie sous le signe de l’attention à ceux qui sont les plus pauvres et qui n’ont pas eu les mêmes possibilités que nous. Il y a aussi une deuxième interprétation, qui souligne plutôt le but vers lequel chacun tend. C’est la fin de notre vie qui demande un projet à réaliser et un chemin à accomplir sans se lasser. Or, le but de chacune de nos actions ne peut être autre que l’amour. Tel est le but vers lequel nous nous dirigeons, et rien ne doit nous en détourner. Cet amour est partage, dévouement et service, mais il commence par la découverte que nous sommes les premiers aimés et éveillés à l’amour. Cette fin apparaît au moment où l’enfant rencontre le sourire de sa mère et se sent aimé par le fait même d’exister. Même un sourire que nous partageons avec le pauvre est source d’amour et permet de vivre dans la joie. Que la main tendue, alors, puisse toujours s’enrichir du sourire de celui qui ne fait pas peser sa présence et l’aide qu’il offre, mais ne se réjouit que de vivre à la manière des disciples du Christ.

Que sur ce chemin quotidien de rencontre avec les pauvres nous accompagne la Mère de Dieu, qui plus que tout autre est la Mère des pauvres. La Vierge Marie connaît de près les difficultés et les souffrances de ceux qui sont marginalisés, parce qu’elle-même s’est trouvée à donner naissance au Fils de Dieu dans une étable. Sous la menace d’Hérode, avec Joseph son époux et l’Enfant Jésus, ils se sont enfuis dans un autre pays, et la condition de réfugié a marqué, pendant quelques années, la Sainte Famille. Puisse la prière à la Mère des pauvres rassembler ses enfants favoris et tous ceux qui les servent au nom du Christ. Que la prière transforme la main tendue en une étreinte de partage et de fraternité retrouvée.

Donné à Rome, Saint Jean du Latran, le 13 juin 2020, mémoire liturgique de saint Antoine de Padoue, huitième année de mon Pontificat.

François