Laïcs Missionnaries Comboniens

LMC : De la collaboration à la coresponsabilité dans la mission

Asamblea Italia 2026

Quatre dizaines de laïcs missionnaires comboniens italiens ont passé le week-end des 5 et 6 septembre à la Maison générale des Comboniens à Rome, réunis pour leur assemblée annuelle. Le Supérieur général, le père Luigi Codianni, leur a adressé un message de gratitude et d’encouragement à cheminer ensemble, tant au niveau national qu’international.

Très chers amis,

C’est pour moi une grande joie de pouvoir vous rencontrer ici, dans notre maison de Rome, à l’occasion de votre rassemblement. Je voudrais tout d’abord vous exprimer ma gratitude pour votre présence, pour le chemin que vous parcourez et, surtout, pour votre engagement dans la mission.

Je voudrais commencer justement par un remerciement. Merci pour ce que vous êtes et pour ce que vous faites ; merci pour votre disponibilité, pour le temps que vous consacrez à la mission, pour votre énergie, vos compétences, votre passion et aussi pour vos familles, qui partagent et soutiennent souvent vos choix missionnaires.

Aujourd’hui, la mission ne peut être envisagée uniquement comme une tâche réservée aux personnes consacrées. La mission appartient à l’Église et, au sein de l’Église, elle appartient à tous les baptisés. C’est pourquoi votre présence en tant que Laïcs Missionnaires Comboniens (LMC) n’est pas quelque chose de marginal ou simplement complémentaire par rapport à la mission des Missionnaires Comboniens. C’est une présence qui enrichit la mission et qui nous aide à comprendre toujours mieux ce que signifie être une Église missionnaire.

Une histoire à préserver et à renouveler

Je voudrais également reconnaître en vous une grande ressource et un grand potentiel missionnaire laïc combonien.

Les LMC en Italie ont une histoire importante, construite au fil des années à travers tant de personnes, tant d’expériences, tant de départs et tant de retours, tant de moments d’enthousiasme mais aussi, bien sûr, des moments de fatigue et de difficultés.

C’est une histoire qui ne doit pas être oubliée. Une histoire à préserver, mais pas simplement à conserver.

Une histoire vivante est en effet une histoire capable de se renouveler.

Le charisme de saint Daniel Comboni n’est pas un patrimoine à mettre sous vitrine et à contempler avec nostalgie. C’est un don de l’Esprit confié à l’Église et que chaque génération est appelée à incarner à son époque.

C’est pourquoi je vous encourage à maintenir vivante votre identité missionnaire combonienne, en cherchant sans cesse à comprendre comment le charisme de Comboni peut être vécu aujourd’hui, dans les conditions concrètes de notre monde.

Être fidèle au charisme ne signifie pas simplement répéter ce qui a été fait par le passé. Cela signifie avoir le même cœur missionnaire que Comboni et, avec ce cœur, savoir lire le présent et relever les nouveaux défis.

Se laisser renouveler par la mission

C’est pourquoi je voudrais vous exhorter à rester ouverts, disponibles et capables de vous laisser sans cesse renouveler par la mission.

Nous vivons dans un monde qui change rapidement. Les sociétés changent, les Églises changent, les situations politiques et économiques changent, les modes de communication changent, ainsi que la manière dont les personnes vivent leur foi.

La mission, elle aussi, nous demande donc de changer.

Nous ne pouvons pas nous contenter de reproduire des schémas connus. Nous sommes appelés à discerner les signes des temps et à nous demander sans cesse : où le Seigneur nous appelle-t-il aujourd’hui ? De quoi la mission a-t-elle besoin ? Où pouvons-nous mettre à disposition ce que nous sommes et ce que nous avons reçu ?

En ce sens, votre expérience missionnaire internationale est une grande richesse.

Les LMC italiens ont assumé d’importantes responsabilités dans différentes parties du monde : au Brésil, au Pérou, au Mexique, au Kenya, au Mozambique et en République centrafricaine. Ces présences ne doivent pas être considérées simplement comme des expériences personnelles isolées. Elles s’inscrivent dans un cheminement plus vaste et représentent une responsabilité pour toute la famille combonienne.

La mission, en effet, nous demande de sortir de nous-mêmes et de nos certitudes. Elle nous demande d’être disposés à partir, mais aussi à changer, à écouter, à apprendre des Églises locales et des personnes avec lesquelles nous partageons la vie.

Le missionnaire n’arrive pas pour apporter tout ce qui est déjà décidé. Il vient pour rencontrer, écouter, partager et construire ensemble.

Une famille missionnaire qui doit grandir dans la communion

Je voudrais ensuite vous inviter à faire un pas supplémentaire dans le renforcement de votre communion.

Vous avez une dimension nationale, mais vous faites partie d’une réalité qui est désormais clairement internationale. Et cette dimension internationale est une grande richesse, mais elle implique aussi une responsabilité.

Nous devons éviter le risque que chaque groupe, chaque pays ou chaque réalité n’avance simplement de son côté.

Être LMC, c’est se sentir partie intégrante d’une réalité plus grande. C’est pouvoir dire : voici ma communauté, voici mon groupe, mais voici aussi ma famille missionnaire internationale.

C’est pourquoi il est important de travailler davantage à la cohésion entre les différents groupes, en favorisant la connaissance mutuelle, la communication, le partage d’expériences et aussi une plus grande coresponsabilité.

Et cette coresponsabilité ne peut pas être uniquement pastorale. Elle est aussi économique.

Lorsque nous disons que nous formons une famille, nous devons également être prêts à prendre en charge les difficultés des autres. Nous ne pouvons pas penser uniquement aux besoins de notre réalité locale. Nous devons avoir une vision plus large et nous demander comment soutenir également les LMC qui vivent des situations de plus grande fragilité dans d’autres parties du monde.

Cette solidarité concrète est l’une des plus belles expressions de la fraternité missionnaire.

Marcher ensemble au niveau national et international

Je voudrais également vous exhorter à maintenir une bonne harmonie entre les décisions que vous prenez au niveau national et le cheminement que les LMC suivent au niveau international.

Je pense en particulier aux décisions et aux orientations issues de la dernière Assemblée de Maia, au Portugal.

Le cheminement international ne doit pas être perçu comme quelque chose d’éloigné de la réalité italienne. Au contraire, il devrait devenir un point de référence pour tous.

Nous sommes appelés à marcher ensemble, en reconnaissant que les différentes réalités nationales ont certes leurs propres caractéristiques, mais qu’elles appartiennent à une seule et même famille et partagent une même vocation missionnaire.

Cela revêt une importance particulière en ce moment même, alors que le processus de reconnaissance des LMC en tant qu’Association internationale de fidèles par le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie est en cours.

Il s’agit d’une étape importante, qui exige de la maturité, un sens ecclésial et la capacité d’assumer des responsabilités.

C’est pourquoi il est important que les réalités nationales sachent se confronter, dialoguer et harmoniser leur cheminement avec celui de la dimension internationale.

Renforcer le sentiment d’appartenance

Je voudrais également vous rappeler un aspect que je considère comme fondamental : le sentiment d’appartenance.

Il ne suffit pas d’être LMC parce qu’on participe à une activité missionnaire ou parce qu’on a vécu une expérience en mission.

Être LMC, c’est appartenir à une réalité, partager un chemin, se reconnaître dans une vocation et se sentir responsables les uns des autres.

Le sentiment d’appartenance ne naît pas automatiquement. Il doit être cultivé.

C’est pourquoi un travail constant d’animation, d’accompagnement et de formation est important. Il faut aider les personnes à comprendre toujours mieux ce que signifie être Laïcs Missionnaires Comboniens et les accompagner dans les différentes étapes de leur vie et de leur cheminement.

Cela vaut surtout pour les jeunes et pour ceux qui s’approchent de la réalité des LMC.

Nous avons besoin d’une véritable promotion vocationnelle missionnaire laïque. Nous ne pouvons pas nous contenter d’attendre que les gens viennent à nous. Nous devons aller à leur rencontre, leur parler de la beauté de la mission, témoigner de ce que signifie vivre l’Évangile au quotidien et montrer qu’aujourd’hui encore, il existe un appel missionnaire pour les laïcs.

La mission a besoin de vocations. Et elle a besoin de vocations mûres, généreuses, disponibles et capables de vivre la mission non pas comme une expérience individuelle, mais comme un cheminement ecclésial.

La mission a besoin des laïcs

Je voudrais enfin souligner une conviction que je considère comme particulièrement importante : aujourd’hui, peut-être plus que par le passé, la mission a besoin des laïcs et des laïques.

Elle a besoin de leurs compétences professionnelles, de leur expérience, de leur créativité, de leur capacité à s’inscrire dans la société et à entrer en relation avec des milieux dans lesquels nous, religieux, avons souvent plus de mal à pénétrer.

Mais surtout, la mission a besoin de leur témoignage.

Le monde n’a pas seulement besoin de personnes qui parlent de mission. Il a besoin d’hommes et de femmes qui sachent vivre l’Évangile au quotidien, dans leur travail, leur famille, la société, leurs relations, dans les situations concrètes où ils se trouvent.

C’est pourquoi votre vocation n’est pas une simple collaboration avec nous, les Missionnaires Comboniens. C’est une vocation missionnaire à part entière.

Nous sommes appelés à la reconnaître, à l’accompagner, à la valoriser et à la faire grandir.

Une collaboration qui nous enrichit mutuellement

Pour notre part, je tiens à vous assurer que les Missionnaires Comboniens continueront d’être ouverts et disponibles à votre présence et à votre collaboration.

Mais je voudrais aussi vous dire quelque chose de plus : nous ne considérons pas votre présence uniquement comme une aide que vous nous apportez.

Nous recevons nous aussi beaucoup de vous.

Votre présence nous interpelle. Elle nous aide à envisager la mission sous différents angles. Elle nous rappelle que l’Évangile doit s’inscrire dans la vie concrète des personnes et des familles. Elle nous aide à comprendre que le charisme combonien peut être vécu sous des formes diverses et complémentaires.

C’est pourquoi nous devons apprendre de plus en plus à marcher ensemble, non pas les uns à côté des autres, mais les uns avec les autres.

C’est là, à mon avis, le défi qui se présente à nous : passer d’une simple collaboration à une véritable coresponsabilité dans la mission.

Regarder vers l’avenir avec espoir

Très chers LMC, vous avez une belle histoire derrière vous, mais surtout, vous avez devant vous un avenir à construire.

N’ayez pas peur des difficultés. N’ayez pas peur des changements. N’ayez pas peur de vous poser de nouvelles questions.

Ayez plutôt le courage du discernement, le courage de rêver, le courage d’assumer des responsabilités et le courage de renouveler ce qui doit l’être.

Saint Daniel Comboni a cru en la possibilité d’une mission qui semblait impossible. Il a eu le courage de regarder au-delà des difficultés de son temps et de se confier à Dieu.

Aujourd’hui, on nous demande, à nous aussi, d’avoir ce même courage.

Remerciez donc pour l’histoire qui vous a été transmise.

Préservez ce qui est précieux.

Renouvelez ce qui doit l’être.

Partagez les responsabilités.

Construisez une plus grande unité entre vous.

Ouvrez-vous à la dimension internationale.

Et surtout, continuez à vous laisser guider par l’Esprit, car c’est Lui le véritable acteur de la mission.

Pour notre part, en tant que Missionnaires Comboniens, nous souhaitons continuer à marcher à vos côtés, en mettant en commun ce que nous sommes, ce que nous avons et ce que le Seigneur nous a confié.

Nous confions votre cheminement à saint Daniel Comboni, afin qu’il continue à vous inspirer et à vous accompagner dans les choix que vous êtes appelés à faire.

Et confions-nous également à la Mère de Dieu, notre Mère, afin qu’elle intercède pour chacun et chacune d’entre vous, pour vos familles, pour vos communautés et pour tous les LMC du monde.

Que le Seigneur vous bénisse, vous accompagne et fasse de vous des témoins toujours plus joyeux et crédibles de l’Évangile et de la mission.

Père Luigi Codianni, mccj

En chemin avec les habitants de Carapira : ensemble pour un avenir plein d’espoir

Nous vous écrivons depuis le nord du Mozambique pour partager avec vous la joie et les défis de notre service missionnaire, rendu possible grâce à vos prières et à votre soutien constant et précieux. Nous concentrons nos efforts sur des projets de promotion dans divers domaines : alphabétisation, formation des mères et des jeunes, autosuffisance et économie. Maria Augusta est la figure de proue du travail auprès des élèves de l’école primaire qui ont de sérieuses difficultés en lecture et en écriture. Deux fois par jour, elle accueille surtout des petites filles qui, pendant deux heures, apprennent et consolident ce qu’elles ne parviennent pas à faire en trois heures d’école dans une classe de cent élèves. Ilaria s’occupe de la formation économique, un aspect important dans un contexte culturel qui ne connaît pas le concept d’épargne et où la tradition est de dépenser immédiatement ce que l’on gagne ; un travail de patience, sachant qu’on ne peut pas obtenir les fruits espérés en peu de temps. Federica s’occupe de la formation des jeunes, car ils sont l’avenir de ce pays. Si, jusqu’à récemment, ils étaient les protagonistes des incendies dans la savane et des barrages routiers dus au mécontentement politique, aujourd’hui, avec eux, on vise l’intériorisation de valeurs telles que la paix, la protection de l’environnement et la possibilité de penser et de concevoir avec créativité un avenir meilleur.

Les défis auxquels nous sommes confrontés sont de taille : la pauvreté et la destruction causées par un cyclone, comme cela s’est produit récemment, ne s’effacent pas d’un simple coup d’éponge, mais nous pensons que construire sur les personnes et avec les personnes peut donner des résultats positifs. C’est pourquoi nous nous efforçons chaque jour de travailler pour transformer la vie des gens par la formation pratique et l’éducation. Au collège de Carapira, nous proposons également une formation intensive aux valeurs humaines et évangéliques ; l’enseignement comprend une partie théorique et une partie pratique. De plus, nous veillons à ce que ces 250 élèves, qui vivent loin de leurs communautés respectives, ne soient pas privés de formation catéchétique.

Nous organisons cela tous les vendredis, en vivant avec eux un parcours annuel enrichi par des retraites et des sorties à la rencontre d’expériences de vie. Nous sommes heureuses de participer également à la dynamique des 99 communautés de Carapira ; la paroisse comprend, outre le centre, cinq régions et 21 zones pastorales. Ce que nous nous efforçons de réaliser, c’est de rendre les personnes aussi autonomes que possible dans leur gestion. Nous sommes profondément convaincues que ce n’est pas en donnant des choses ou de l’argent que nous résolvons les situations. Certes, l’aide pratique est également nécessaire, mais si elle n’est pas soutenue par une formation et un cheminement vers la prise de conscience, elle rend les personnes dépendantes. De tout notre cœur, nous essayons de ne pas faire naître d’injustices dans un pays qui en a déjà connu beaucoup et de partager, avec eux, notre vie quotidienne. Le contexte est difficile : corruption et discrimination de toutes sortes, et peu de possibilités d’emploi.

Tout cela contraste avec les nombreuses ressources en matières premières qui, au lieu d’être une richesse pour le Mozambique, deviennent l’intérêt des pays étrangers, y compris l’Italie. À Nampula, à une heure de chez nous, il y a encore des camps de réfugiés où vivent ceux qui ont fui le terrorisme d’inspiration islamiste toujours en cours à Cabo Delgado. Une violence engendrée non pas tant pour des raisons religieuses que pour le contrôle du territoire. Nous nous engageons dans notre réalité en nous appuyant sur un discernement communautaire. Et la résilience de notre peuple nous incite à continuer à le faire. Actuellement, nous menons un projet de lutte contre la malnutrition en aidant 40 mères à prendre soin de leurs enfants qui, sans cela, risqueraient de mourir par manque de nourriture. Nous avons également prévu de rénover la cuisine de l’école secondaire, qui se trouve dans un état de grande précarité, notamment en raison des conséquences de plusieurs années de fumage. Une dégradation qui a des répercussions sur la santé des élèves et du personnel scolaire. Nous sommes reconnaissants envers tous ceux qui contribuent à notre action, tant moralement que matériellement. Partagez ainsi cette œuvre de témoignage et d’amour qui nous aide à transformer notre vie et celle des personnes qui nous ont accueillis. Muito obrigada (merci en portugais) !

Koxukhuru vanjene (merci beaucoup, en langue macua) !

Federica et Ilaria – LMC au Mozambique

[Revue Nigrizia avril 2026]

Expérience missionnaire estivale à Carapira (Mozambique)

Luca Carapira

Je m’appelle Luca, j’ai 24 ans et, il y a quelques mois, j’ai eu la chance de vivre une expérience missionnaire intense au Mozambique, plus précisément à Carapira, où, grâce à l’accueil des pères et des laïques missionnaires comboniens, j’ai eu l’occasion de rencontrer et de connaître le peuple Macua.

Je suis parti pour cette expérience le 18 août, avec Ilaria et Federica, deux missionnaires qui, depuis près de deux ans, consacrent leur service à ce qui est désormais devenu leur foyer : Carapira. J’ai eu la chance de les rencontrer et de faire leur connaissance il y a deux ans à Modica, en Sicile, peu avant leur départ.

Cette rencontre m’a profondément marqué et, dès le début, j’ai commencé à mûrir en moi le désir de les rejoindre sur le terrain de la mission, certainement pour me mettre à leur service, mais surtout pour rencontrer, connaître et me laisser imprégner par la beauté et l’humanité qui caractérisent ces lieux. Ainsi, cet été, Federica et Ilaria, après un bref séjour en Italie, ont accueilli avec joie et enthousiasme ma demande de les accompagner.

Et voilà qu’après un voyage en avion marqué par mille péripéties, entre vols manqués et annulés, nous sommes enfin arrivés au Mozambique, à Carapira.

Dès le début, j’ai été profondément touché par l’accueil de la communauté locale. Après m’être présenté lors de la première messe à laquelle j’ai participé, en butant sur mon portugais, je suis devenu pour tous « Mano Lucas », c’est-à-dire « frère Luca ». Très vite, j’ai moi aussi commencé à appeler « mano » et « mana » toutes les personnes que je rencontrais ; j’ai même appris à appeler « maman » et « papa » les personnes plus âgées que moi, entrant ainsi dans une dimension de familiarité et de communauté, peut-être jamais expérimentée auparavant, qui me faisait me sentir accueilli et à l’aise.

L’incroyable accueil que j’ai reçu m’a mis à l’aise dès le premier instant et m’a beaucoup aidé à m’intégrer, tout en restant toujours sur la pointe des pieds, dans la vie quotidienne et la réalité de Carapira. J’ai consacré les premières semaines principalement à l’observation, à la connaissance et à la tentative de mieux comprendre le contexte dans lequel je me trouvais, afin de comprendre comment je pouvais apporter ma contribution dans le peu de temps dont je disposais. Je me suis vite rendu compte que pour y parvenir, je devais cesser de ne penser qu’avec ma tête et apprendre plutôt à ouvrir mon cœur, en m’en remettant à l’amour de Dieu.

C’est ainsi qu’un matin, alors que je me remettais encore de deux jours de fièvre, quelques enfants du bairro (village) sont venus me rendre visite. Ils avaient appris que je n’étais pas en très bonne santé et, sans hésiter, ils étaient venus me rendre visite pour m’apporter un peu de joie et me remonter le moral. En plus de me tenir compagnie, ce sont eux qui m’ont confié ce qui allait devenir ma mission : ils m’ont demandé de les aider à étudier les mathématiques.

Malheureusement, à Carapira, beaucoup d’enfants ont du mal à vraiment apprendre quelque chose à l’école. Et comment leur en vouloir ? Toutes les conditions sont réunies pour rendre ce parcours extrêmement difficile : seulement trois heures de cours par jour, des classes d’environ quatre-vingt-dix enfants avec un seul enseignant, des salles de classe trop petites, l’absence de tables et de chaises, une chaleur étouffante et, dans certains cas, même le manque de stylos et de cahiers. Il en résulte que beaucoup sont à la traîne, ne sachant pas faire de simples additions ou étant même analphabètes, bien qu’ils fréquentent l’école depuis des années.

Pourtant, la volonté de sortir de cette situation et le désir d’apprendre sont grands.

Dès que je me suis complètement remis, nous avons commencé cette aventure. Nous disposions de peu de moyens – quelques feuilles et quelques stylos – et les espaces étaient ce qu’ils étaient. Nous avons donc commencé à nous réunir près de la grande église de Carapira, assis par terre et utilisant les murs de celle-ci comme repose-dos. Nous nous installions à l’ombre : le matin d’un côté, l’après-midi de l’autre, nous déplaçant d’heure en heure pour échapper aux rayons directs du soleil.

En un clin d’œil, la nouvelle s’est répandue et nombreux sont ceux qui ont préféré « abandonner » le ballon pendant quelques heures de la journée pour venir étudier un peu les mathématiques en compagnie.

Comme je le dis toujours, non par modestie mais parce que c’est la vérité, ce que ces enfants ont réussi à m’apprendre pendant les journées passées ensemble a été bien plus que ce que j’ai réussi à leur enseigner. Pouvoir les observer, les connaître, être leur ami — ou, comme ils diraient, leur « frère » — a été une grande chance, que je garderai toujours dans mon cœur et qui m’a profondément enrichi. La rencontre avec la diversité mène toujours à de nouvelles découvertes qui nourrissent l’esprit ; elle permet de prendre conscience d’aspects de soi qui, autrement, auraient du mal à émerger et, surtout, elle aide à comprendre que, malgré les mille différences, nous sommes finalement tous beaucoup plus semblables qu’on ne le pense. Ce n’est que lorsque l’on parvient à cette prise de conscience qu’il devient vraiment possible de parler de « fraternité mondiale ». Si seulement ceux qui gouvernent ce monde fou pouvaient le comprendre…

Pour en revenir à mon expérience, je pourrais raconter beaucoup d’autres moments significatifs vécus au cours de ces deux mois : de la beauté de la vie communautaire vécue avec les missionnaires comboniens, auxquels je serai toujours reconnaissant, à l’intensité de la foi joyeuse et authentique du peuple mozambicain, en passant par les nombreuses rencontres dans les petites communautés dispersées dans la nature et bien d’autres choses encore.

Mais je ne m’étendrai pas davantage, d’autant plus que pour raconter tout cela, il me faudrait des pages et des pages.

Toutefois, pour conclure, je tiens à partager une réflexion que j’ai mûrie pendant les jours passés au Mozambique, d’abord à mon égard et, peut-être, plus généralement, à l’égard de la « tribu blanche », comme la définit le père Alex Zanotelli.

Cette réflexion est née au moment où, peu de temps après le début de la mission, j’ai commencé à me rendre compte que c’était moi qui recevais le plus d’aide. Paradoxalement, celui qui était le plus aidé était précisément celui qui était parti pour aider et qui, peut-être par un peu de présomption, ne se sentait pas si démuni que cela. Cette découverte a fait s’effondrer bon nombre de mes convictions et m’a sans aucun doute permis de repartir avec un esprit nouveau. C’était l’esprit de celui qui, conscient de ses limites, souhaite recevoir de l’aide, souhaite se sentir accueilli et touché par l’amour de Dieu, afin de pouvoir le garder et le redonner, sous une nouvelle forme, à ceux qui l’entourent. D’ailleurs, ce n’est qu’après avoir été aidés que, suivant l’exemple, nous pouvons aider les autres, en rendant l’amour reçu et en créant une spirale de bien qui s’autoalimente.

Je crois donc que se reconnaître « dans le besoin », malgré tout notre confort et tout ce que nous possédons, est le moyen de vraiment accueillir l’amour de Dieu et le premier pas à faire pour se mettre véritablement au service des autres.

Voici donc ce que la mission m’a le plus appris et, par conséquent, le souhait que je formule à tous ceux qui liront cet article : essayez d’abandonner vos présomptions et apprenez à vous reconnaître comme nécessiteux, afin de pouvoir vraiment rencontrer l’Autre, qui est Dieu.

Luca

Deuxième communauté LMC au Kenya : un rêve devenu réalité !

LMC Chelopoy

Dimanche 16 novembre 2025, quelle journée historique ! C’est le début d’une nouvelle aventure pour nous, LMC, ici au Kenya, car ce jour-là, nous avons ouvert une deuxième communauté à Chelopoy, dans le West Pokot !

Nous sommes très reconnaissants envers tous ceux qui ont rendu cela possible : notre « ancêtre » (comme nous l’appelons affectueusement), le père Maciek Zielinski, le provincial MCCJ du Kenya, le père Andrew Wanjohi, les LMC du Kenya et tous les LMC !

Les membres de la nouvelle communauté sont : Mercy Lodikai (du Kenya), Giulia Lampo (d’Italie) et Iza Tobiasiewicz (de Pologne). Applaudissements, s’il vous plaît !!! Ces trois pionnières sont prêtes à commencer leur service dans la région de Chelopoy et rejoindront probablement la communauté de Kitelakapel dans le cadre du projet Life Skills, qu’elles étendront aux écoles de leur région, tout en collaborant avec le dispensaire local, géré par les sœurs franciscaines de Saint-Joseph – Asumbi. Elles s’engageront également dans des activités pastorales, bien sûr. Pour l’instant, le plan est qu’elles prennent le temps de s’installer et de faire connaissance avec les lieux et les gens, de créer des liens d’amitié et de se familiariser avec leur culture, leur situation et leurs besoins.

Dès leur premier jour, alors que nous célébrions l’ouverture de la communauté et les travaux de rénovation de la maison qu’ils vont occuper, ils ont été accueillis avec beaucoup de chaleur et de joie par la population locale. Nous, la communauté de Kitelakapel, les avons accompagnés, et nous avons eu la chance de bénéficier de la présence de notre cher père Maciek, de notre tout aussi cher provincial MCCJ, le père Andrew, le curé (le père Philip Andruga) et les sœurs comboniennes d’Amakuriat (la paroisse à laquelle appartient la nouvelle communauté), et même deux représentants des LMC d’Ouganda, la coordinatrice Beatrice Akite et le trésorier Asege Teddy, accompagnés de deux volontaires italiens et d’un membre local du village de paix de Kalya, en Ouganda.

La messe a été animée et participative, très bien animée par la population locale, qui nous a offert des cadeaux et nous a fait sentir chez nous dès le début. Le provincial a ensuite procédé à la bénédiction de la maison, puis nous avons tous pris un repas. Ce fut un moment de fête simple mais très agréable.

Comme d’habitude, créer une nouvelle communauté dans un nouvel endroit n’est pas chose facile. Cela demande beaucoup de patience, d’humilité et de capacité d’adaptation. Cependant, nos amis ne sont pas seuls ! Ils ont les sœurs franciscaines comme voisines attentionnées, les familles locales et les membres de l’église comme nouveaux amis et nouvelle famille élargie, et les pères et sœurs d’Amakuriat comme source solide de soutien émotionnel et pratique. Sans oublier nous, la communauté de Kitelakapel, qui sommes également très heureux de les avoir comme « voisins » à West Pokot ! Ensemble, nous allons parcourir ce chemin, grandir, nous soutenir mutuellement et accomplir des choses merveilleuses ! Et bien sûr, tout cela n’est possible qu’avec le soutien de l’ensemble des LMC, de toute la famille combonienne et de tous ceux qui croient en nous !

Alors, merci à tous ! Continuez à prier pour nous et restez à l’écoute !

Linda Micheletti, LMC Kitelakapel, Kenya

Massimo, frère sage qui a su vivre et être « mission »

LMC Italia

Un jour, en sortant du couvent, saint François rencontra frère Ginepro : « Frère Ginepro, lui dit-il, viens, allons prêcher ». Frère Ginepro accepta. Ils parcoururent la ville, prièrent en silence pour ceux qui travaillaient dans les boutiques et les potagers. Ils sourirent aux enfants, surtout aux plus pauvres. Ils échangèrent quelques mots avec les personnes âgées. Ils caressèrent les malades. Ils aidèrent ceux qui en avaient besoin.

Après avoir traversé la ville plusieurs fois, « Frère Ginepro, dit François, il est temps de retourner au couvent ». « Et notre prédication ? ». « Nous l’avons faite… nous l’avons faite ! répondit le saint en souriant. La meilleure prédication, c’est toi ! ». Cette anecdote nous aide à nous souvenir de Massimo, cher ami et frère du groupe Lmc de Vérone, décédé subitement le 16 juillet dernier, qui avait fait de la concrétisation et de la présence attentive un style de vie. L’accueil de tous, la foi et l’amour pour la mission étaient en effet ses caractéristiques. En somme, un « homme sage » qui se révélait peu à peu dans le vivre-ensemble et dans l’action, et qui laisse un vide énorme chez tous ceux qui ont partagé des chemins de vie avec lui. Un style concret qui, dès 1976 et 1977, l’avait vu s’engager dans les camps de travail Gim dans le Frioul, frappé par le terrible tremblement de terre, et dans ses années de service en tant que chef scout, vivant avec eux une expérience intense de mission en Tanzanie. Il était engagé dans la paroisse, dans la pastorale familiale diocésaine, dans les parcours avec les couples en nouvelle union, se dépensant dans la préparation et la conduite de séminaires et de rencontres à travers l’Italie, ainsi que dans le travail et les groupes sportifs.

Et puis dans la famille combonienne et avec notre groupe de laïcs missionnaires comboniens. Ce même pragmatisme l’avait amené à s’enthousiasmer, ces dernières années, pour le départ de quelques jeunes de notre groupe dans lequel, avec sa chère Rita, il pouvait donner une expression concrète à leur passion pour la mission, toujours présente dans les différentes activités. « Sachez que nous partons avec vous et que nous serons toujours présents dans vos communautés et pour tout besoin », leur disait-il, se faisant le porte-parole du groupe qui les accompagnait en pensée et en prière vers la mission. C’est ainsi qu’Ilaria et Federica ont été envoyées au Mozambique et c’est dans le même esprit qu’il a accompagné dans sa préparation Giulia, partie récemment au Kenya.

La vie de Massimo s’est déroulée comme un véritable parcours de laïc combonien, non seulement à travers les voyages missionnaires effectués avec Rita, immergés dans une humanité riche et fragile, mais aussi en vivant l’esprit missionnaire au quotidien, comme un service dans ces expériences qui étaient chères à son cœur et à celui de Rita, et où le témoignage concret de leur foi était solide et profond : « Là où le Seigneur nous demande d’être, car nous sommes tous appelés à être missionnaires », disait-il. Et comme la « lumière des étoiles mortes qui illumine la nuit », la lumière de la vie de Massimo nous parvient à travers les paroles de ceux qui l’ont connu, de ceux qui ont apprécié sa capacité d’écoute, ses critiques constructives, le témoignage d’Amour avec un grand A vécu avec sa Rita, la valeur et le respect qu’il savait donner à chacun, le sentiment que l’on se sentait « accueilli » auprès de lui. Avec saint Daniel Comboni, Massimo nous aidera à marcher et à discerner, en tout lieu et en toute circonstance, le visage de ce Dieu Père bon qu’il a tant cherché, prié, aimé et choisi. Massimo, nous t’emporterons toujours avec nous.

Source : Nigrizia

Une chaise restera vide lors de nos réunions, en signe de mémoire et pour poursuivre avec lui les activités habituelles.