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Le cœur de Jesús – la mission à partir de la compassion

Corazon de Jesus Comboni

Touché par la compassion, il étendit la main, le toucha et lui dit: “Je le veux, sois guéri!” (Mc 1,41)

Cette action de Jésus, simple, est pleine de signification et elle exprime avec force son attitude envers les marginalisés. Elle est aussi une action de rébellion contre l’injustice, basée sur un système socioreligieux d’exclusion. Ainsi le Père se révèle à nous (Col 1,5), dans un Fils qui, en parcourant les routes de la Palestine, ose toucher un lépreux pour le guérir. Marc, déjà dans le premier chapitre, nous révèle la manière d’aimer du Christ, avec un cœur qui déborde de compassion, le visage du Dieu visible qui l’a envoyé (Mc 1,1).

La dévotion au Cœur de Jésus est, dès les origines de notre Institut, une source de spiritualité où notre mission est fortement enracinée. Par elle nous entrons dans l’intimité de la personne de Jésus, dans ses attitudes, dans ses désirs et dans la vision du monde nouveau que les Béatitudes annoncent. Pour cela leur contemplation nous révèle le noyau de notre vie consacrée: la centralité de l’amour de Dieu qui est la clef de lecture de l’Histoire du Salut. Un amour qui s’incarne et qui se définit comme passion totale pour l’humanité (AC 2015, n. 22). Pour approfondir ce mystère, la prière personnelle est un espace qualifié parce qu’elle est une rencontre intime avec Jésus dans l’humilité. Cela devient ainsi une expérience de pardon, d’accueil et de gratuité, qui nous transforme et nous façonne selon son Cœur.

Le Cœur transpercé du Bon Pasteur nous appelle au don constant de nous-mêmes, avec tout ce que nous sommes. La mission est s’offrir soi-même sans rien attendre de retour, elle est vider sa vie pour les autres. C’est cela notre consécration: faire de notre vie un instrument de la miséricorde du Père incarnée dans le charisme donné à Comboni. Notre histoire, avec ses limites et ses incohérences, nous laisse des témoignages forts de confrères qui ont donné leur vie jusqu’au bout pour la cause de l’Evangile. Des hommes qui se sont laissés modeler dans un parcours de conversion permanente à travers l’expérience de la relation avec l’amour du Père, pour devenir pain pour les affamés et espérance pour les désespérés (AC 2015, n. 14).

Marc nous parle de la vie d’un homme qui a comme caractéristique principale la compassion, parce que celui-ci est le visage que le Père a voulu nous montrer. Son attention pour les plus pauvres devient ainsi un élément constitutif de la mission de l’Eglise. Un aspect qui est clairement présent en Comboni (S 2647). La contemplation du Cœur de Jésus nous pousse vers une proximité particulière avec les exclus et nous appelle à les chercher dans de nouveaux domaines, là où la vie est marginalisée. En même temps notre style de vie, qui peut être un obstacle au dynamisme et à la flexibilité de la mission aujourd’hui, est remis en discussion. Toute notre vie et notre réflexion doit partir du bas, du contact avec l’humanité clouée sur la croix. Celle-ci est l’expression la plus radicale du don total du Fils et elle est présente encore aujourd’hui dans quelques Pays où nous œuvrons, qui subissent la guerre ou d’autres formes de violence. Notre présence missionnaire est un signe de l’amour qui jaillit du Cœur de Jésus (RV 3.3).

Comboni, un homme marqué par l’expérience religieuse de son temps, a développé sa propre dimension missionnaire de la spiritualité du Cœur de Jésus. Le don total du Père dans le Fils est un signe d’amour qui nous ouvre à une espérance nouvelle. Le Règne est un programme de libération de la vie en plénitude (S 3323). Cette conviction profonde le conduisit à parcourir des milliers de kilomètres sur le Nil et au désert, en mettant en danger sa vie pour que le Christ transpercé soit une source de vie même pour ceux qui sont le plus éloignés. L’audace de notre Fondateur pour ouvrir de nouvelles frontières de l’évangélisation fait partie de notre spiritualité et de notre mission. La revisitation de notre Règle de Vie est aussi une opportunité pour grandir dans la passion pour l’Evangile à la recherche des oubliés.

Les défis du monde d’aujourd’hui rendent notre mission urgente. Nous vivons des temps pleins d’attentes et de désirs de nouvelles structures politiques, économiques et sociales. Il y a une recherche profonde et sincère de sens, mais qui tombe facilement dans des réponses éphémères qui portent seulement à l’aliénation ou au nihilisme. La folie de l’Evangile (1 Cor 1,25) transforme le cœur et le monde; notre Institut continue à être appelé à cheminer avec la compassion de Jésus pour toucher les lépreux d’aujourd’hui.

Que la fête du Sacré Cœur nous donne la grâce de continuer à grandir dans l’amour.

Le Conseil Général, mccj

 

Communauté internationale de formation au Portugal: expérience et illusion

LMC Cristina y TereLes qualités de chaque une peuvent enrichir à l’outre.

Ce temps que nous passons dans la communauté nous le vivons comme un période de préparation para la mission.

La rupture avec la vie quotidienne jusque maintenant, travail, amitiés, famille, priorités de la société de consume, etc. change pour arriver à une société de subsistance. Il nous fait penser qu’elles sont les priorités et/ou les besoins véritables.

En restant toujours orientées vers la mission et le regard en Jésus nous commençons la vie communautaire valorisant la richesse que nous en avons, la expérience d’une et la illusion de l’outre, nous permettant dépasser les défit que chaque jour nous trouvons.

Craintes, découragement en l’apprentissage de la langue, insécurité pour n’attendre les expectatives et exigences de la mission, difficulté d’adaptation et tous les pensées aux que par foi nous sommes surprises, très rapidement ils sont surmontés avec mutuel respect, oraison et le partage.

Le résultat de l’efforce que nous faisons pour nous nous comprendre cause des explosions de rire et remplie notre cœur d’amour et joie.

Cristina Soussa et Tere Monzón, Communauté LMC internationale de formation au Portugal               

Au-delà de la Collaboration: sous le regard de Comboni

Familia Comboniana“Le tout est plus que la partie,

et plus aussi que la simple somme de celles-ci”

(EG 235)

 Très chers frères, très chères sœurs, très chers Laïcs Missionnaires Comboniens

La beauté et la joie de la rencontre nous pousse à ouvrir des chemins nouveaux dans la collaboration entre les Instituts fondés par Comboni ou qui s’inspirent de lui.

Dans un monde où on construit des murs qui séparent et qui divisent, dans un monde chargé de préjugés à cause des différences des races, des langues et des nations, et qui a du mal à ouvrir la porte à celui qui est différent, nous sentons urgente l’invitation de Jésus à l’unité et à la communion: «Qu’ils soient un afin que le monde croie» (Jn 17,21). Cette unité n’est pas seulement une invitation à travailler avec les autres (collaborer), mais aussi à aller en profondeur dans les relations et à chercher de nouveaux chemins de rencontre fondés non pas sur l’affinité de caractère ou d’intérêts, mais sur l’Evangile qui nous appelle à nous ouvrir à l’accueil de l’autre avec ses limites, ses faiblesses, mais aussi avec sa richesse et sa beauté, en vue d’une mission plus féconde et génératrice.

Les dernières décennies ont vu des changements sociopolitiques profonds qui nous défient et qui nous provoquent à chercher de nouvelles structures pour rendre notre mission plus actuelle et significative. Les mouvements populaires demandent une participation active dans les processus de décision. Cela est vrai non seulement dans la société civile: cette vague de valeurs démocratiques est entrée aussi dans l’Eglise. La réalité laïque est toujours plus présente dans différents domaines du ministère qui autrefois appartenaient de manière exclusive aux prêtres et aux religieux et religieuses, et cela contribue à la mission en offrant un point de vue qui aide à faire une lecture plus profonde de la réalité. Ensemble avec les laïcs nous pouvons atteindre des milieux où la présence combonienne est désirée.

Réunis comme famille combonienne le 2 juin 2017, à l’occasion de la rencontre annuelle des Conseils Généraux, pour une journée de réflexion, de prière et de partage, nous nous sentons interpellés pour confirmer et renouveler notre désir d’entrer dans un chemin de collaboration plus profonde entre nous. Un chemin qui est déjà commencé depuis longtemps comme famille combonienne, mais qu’il est nécessaire de toujours renouveler et approfondir.

Nous avons fait mémoire du document sur la collaboration: «Collaboration pour la mission» – du 17 mars 2002 – à l’occasion de l’anniversaire de la béatification de Daniel Comboni. Dans cette lettre on a développé en profondeur non seulement le chemin déjà parcouru et les «indications opérationnelles», mais surtout les fondements évangéliques et comboniens de la collaboration. En effet l’Esprit de Jésus est l’Esprit d’unité que Comboni a désiré dès les débuts de sa famille, «petit cénacle d’apôtres… qui en même temps resplendissent et réchauffent» en révélant la nature du Centre dont ils sont issus, c’est-à-dire le Cœur du Bon Pasteur (E 2648).

Familia CombonianaAu cours de notre réflexion, nous nous sommes rendus compte qu’un long chemin de collaboration a été parcouru et qu’il est en train d’être parcouru de beaucoup de manières et dans des situations différentes de la vie de nos Instituts: il suffit de penser au partage au niveau des secrétariats et des offices généraux, mais aussi au niveau des circonscriptions, à travers la participation aux assemblées provinciales, aux récollections communes, aux célébrations comboniennes, aux cours de formation permanente. Il y a aussi des exemples de réflexion et d’actions pastorales d’ensemble dans des lieux où vivent ensemble des membres de nos Instituts et des LMC.

Nous sentons intensément que le désir de revitaliser notre être et notre faire mission ensemble est enraciné dans la nature de la personne humaine – être en relation – dans la Parole de Dieu et dans l’héritage reçu de notre fondateur Daniel Comboni. Il voulait que l’Eglise toute entière s’engage comme un seul corps dans l’évangélisation de l’Afrique: «Toutes les œuvres déjà existantes, qui ont pour but les intérêts des Noirs sont des œuvres de Dieu, mais elles donnent peu de fruits puisqu’elles sont isolées; si au contraire elles étaient unies et animées du seul désir d’implanter durablement la Foi en Afrique Centrale, elles seraient plus fortes, elles se développeraient plus facilement et elles deviendraient très efficaces pour atteindre le but voulu» (E 1100). Il y a plusieurs appels de sa part à cette collaboration, et en regardant son exemple, nous sentons renaître plus fort en nous cet esprit de collaboration.

Nous sommes conscients que sur ce chemin il y a aussi des écueils qui peuvent nous porter au découragement, tels qu’une maturité humaine et affective insuffisante, l’autoréférentialité, le protagonisme, l’individualisme, le manque d’identité, le partage de l’argent. En même temps ces situations sont des défis pour chercher, ensemble et avec créativité, de nouvelles formes de collaboration. Nous voudrions souligner certains avantages d’un travail d’ensemble en tant qu’Instituts comboniens: la beauté inhérente à la collaboration, la complémentarité, l’enrichissement réciproque, la ministérialité, le témoignage de vivre et de travailler en communauté – hommes et femmes – des personnes qui ont des nationalités et des cultures différentes… De cette manière non seulement nous devenons témoins de l’unité dans la diversité, mais nous sommes la semence de nouvelles communautés chrétiennes de frères et de sœurs témoins de la Parole que nous annonçons.

Nous avons un beau charisme commun qui a grandi et qui s’est développé dans des expressions différentes. Ainsi l’inspiration de Comboni chemine-t-elle dans l’histoire pour devenir annonce de l’Evangile à chaque génération, là où les peuples sont marginalisés. Le charisme grandit et se renouvelle quand il est partagé avec les autres qui le recréent dans la particularité de chaque style de vie chrétien. La diversité n’est pas une menace contre la forme propre de l’être combonien, mais elle renforce le sens d’appartenance quand il est vécu dans la simplicité et en donnant de l’espace à l’autre.

Nous nous permettons avec humilité de souligner quelques aspects pour lesquels nous sentons qu’il y a nécessité d’un effort créatif et audace pour améliorer la collaboration au niveau des personnes, des communautés, des circonscriptions et des Directions Générales: «Il faut toujours élargir le regard pour reconnaître un bien plus grand qui sera bénéfique à tous» (EG 235).

Nous nous engageons:

  • A mieux connaître l’histoire de nos Instituts, en faisant mémoire avec gratitude des merveilles de Dieu;
  • A connaître les personnes et la vie actuelle de nos Instituts, en communiquant ce que nous sommes et ce que nous faisons, à travers les moyens que nous avons pour un partage meilleur de nos activités et de nos projets pastoraux et missionnaires, en appréciant les efforts qui déjà se font;
  • A réfléchir ensemble sur la mission combonienne aujourd’hui dans le monde: les nouveaux paradigmes de la mission, la ministérialité (à travers des pastorales spécifiques) et l’interculturalité. Plus que donner des réponses à des problèmes, il est nécessaire de s’arrêter pour réfléchir et donner des ‘visions’ à nos Instituts ;
  • A commencer des communautés ministérielles, intercongrégationnelles (ou de la famille combonienne), où on vit dans le signe de la confiance réciproque. En regardant vers le futur, il faut penser à la manière de reconfigurer la Famille Combonienne pour un meilleur témoignage de notre travail missionnaire;
  • A travailler ensemble au niveau de la formation dans l’initiation de nos candidats et candidates au charisme et à la spiritualité combonienne, et en partageant des cours et des rencontres de formation permanente quand cela est possible (déjà une lettre sur ce thème a été écrite et distribuée à tous les formateurs des mccj pendant l’Assemblée de la Formation de Maia, au Portugal, en juillet 2017);
  • A approfondir notre spiritualité combonienne et favoriser des moments de discernement et de prière, à l’écoute de la Parole et des signes des temps, dans des occasions spéciales de la vie de nos Instituts, en promouvant des rencontres sur la spiritualité combonienne;
  • A répondre ensemble à des situations d’émergence ou à d’autres qui exigent un effort commun.

A l’occasion des 150 ans de la naissance de l’Institut des Missionnaires Comboniens et du 25ème du commencement de la configuration des Laïcs Missionnaires Comboniens, nous nous sentons poussés par l’Esprit à réaffirmer l’effort de la collaboration.

Avec la certitude que ce que nous venons de dire représente des chemins possibles sur la route de la collaboration, nous vous invitons à être créatifs et généreux, en nous ouvrant au souffle de l’Esprit Saint qui renouvelle toute chose et qui nous pousse à avancer avec confiance: «L’Esprit est le vent qui nous pousse en avant, qui nous maintient en chemin, nous fait sentir pèlerins et étrangers, et qui ne nous permet pas de nous reposer et de devenir un peuple ‘sédentaire’» (Pape François, audience du 31 mai 2017).

Familia CombonianaRome, 10 October 2017

 

Mother Luigia Coccia (Sup. Gen.)

Sr. Rosa Matilde Tellez Soto

Sr. Kudusan Debesai Tesfamicael

Sr. Eulalia Capdevila Enriquez

Sr. Ida Colombo

 

Dalessandro Isabella (Resp. Gen.)

Dal Zovo Maria Pia

Galli Mariella

Rodrigues Pascoal Adilia Maria

Ziliotto Lucia

 

Mr. Alberto de la Portilla (Coordinateur Comité Central LMC)

 

Fr. Tesfaye Tadesse Gebresilasie (Sup. Gen.)

Fr. Jeremias dos Santos Martins

Fr. Ciuciulla Pietro

Fr. Bustos Juárez Rogelio

Bro. Lamana Cónsola Alberto

Message du Pape François Pour la Journée Mondiale des Missions 2017

PapaFrancisco

La mission au cœur de la foi chrétienne

 

Chers frères et sœurs,

Cette année également, la Journée missionnaire mondiale nous rassemble autour de la personne de Jésus, « le premier et le plus grand évangélisateur » (Bienheureux Paul VI, Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, n. 7), qui, continuellement, nous envoie annoncer l’Evangile de l’amour de Dieu le Père dans la force de l’Esprit Saint. Cette Journée nous invite à réfléchir à nouveau sur la mission au cœur de la foi chrétienne. En effet, l’Eglise est missionnaire par nature. Si ce n’était pas le cas, elle ne serait plus l’Eglise du Christ mais une association parmi tant d’autres qui, bien vite, finirait par épuiser son but et disparaître. C’est pourquoi nous sommes invités à nous poser un certain nombre de questions qui touchent notre identité chrétienne même et nos responsabilités de croyants dans un monde confus par tant d’illusions, blessé par de grandes frustrations et lacéré par de nombreuses guerres fratricides qui frappent injustement les innocents en particulier. Quel est le fondement de la mission ? Quel est le cœur de la mission ? Quelles sont les attitudes vitales de la mission ?

La mission et le pouvoir transformant de l’Evangile du Christ, Chemin, Vérité et Vie

1. La mission de l’Eglise, destinée à tous les hommes de bonne volonté, est fondée sur le pouvoir transformant de l’Evangile. L’Evangile est une Bonne Nouvelle qui porte en soi une joie contagieuse parce qu’il contient et offre une vie nouvelle : celle du Christ ressuscité qui, en communiquant son Esprit vivifiant, devient Chemin, Vérité et Vie pour nous (cf. Jn 14, 6). Il est le Chemin qui nous invite à Le suivre avec confiance et courage. En suivant Jésus comme notre Chemin, nous faisons l’expérience de la Vérité et nous recevons sa Vie, qui est pleine communion avec Dieu le Père dans la force de l’Esprit Saint, nous rend libre de toute forme d’égoïsme et se trouve être source de créativité dans l’amour.

2. Dieu le Père veut une telle formation existentielle de ses fils et de ses filles ; transformation qui s’exprime en tant que culte en esprit et en vérité (cf. Jn 4, 23-24), par une vie animée par l’Esprit Saint à l’imitation du Fils, Jésus, à la gloire de Dieu le Père. « La gloire de Dieu est l’homme vivant » (Saint Irénée de Lyon, Adversus haereses IV, 20, 7). De cette manière, l’annonce de l’Evangile devient parole vivante et efficace qui met en œuvre ce qu’elle proclame (cf. Is 55, 10-11) c’est-à-dire Jésus Christ, qui se fait continuellement chair dans toute situation humaine (cf. Jn 1, 14).

La mission et le kairos du Christ

3. La mission de l’Eglise n’est donc pas la diffusion d’une idéologie religieuse et pas même la proposition d’une éthique sublime. De nombreux mouvements de par le monde savent produire des idéaux élevés ou des expressions éthiques remarquables. Par le biais de la mission de l’Eglise, c’est Jésus Christ qui continue à évangéliser et à agir, et par suite elle représente le kairos, le temps propice au salut dans l’histoire. Par l’intermédiaire de la proclamation de l’Evangile, Jésus devient toujours à nouveau notre contemporain, afin que ceux qui l’accueillent avec foi et amour fassent l’expérience de la force transformatrice de son Esprit de Ressuscité qui féconde l’être humain et la Création comme le fait la pluie avec la terre. « Sa résurrection n’est pas un fait relevant du passé ; elle a une force de vie qui a pénétré le monde. Là où tout semble être mort, de partout, les germes de la résurrection réapparaissent. C’est une force sans égale » (Exhortation apostolique Evangelii gaudium, n. 276).

4. Rappelons-nous toujours que « à l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive » (Benoît XVI, Encyclique Deus caritas est, n. 1). L’Evangile est une Personne, qui s’offre continuellement et continuellement invite ceux qui l’accueillent avec une foi humble et laborieuse à partager sa vie au travers d’une participation effective à son mystère pascal de mort et résurrection. L’Evangile devient ainsi, par le Baptême, source de vie nouvelle, libérée de la domination du péché, illuminée et transformée par l’Esprit Saint ; par le biais de la Confirmation, il devient onction fortifiante qui, grâce à ce même Esprit, indique des chemins et des stratégies nouvelles de témoignage et de proximité ; et par l’intermédiaire de l’Eucharistie, il devient nourriture de l’homme nouveau, « remède d’immortalité » (Ignace d’Antioche, Epistula ad Ephesios, 20, 2).

5. Le monde a essentiellement besoin de l’Evangile de Jésus Christ. Au travers de l’Eglise, il continue sa mission de Bon Samaritain, en soignant les blessures sanglantes de l’humanité, et de Bon Pasteur, en cherchant sans relâche celui qui s’est égaré sur des chemins tortueux et sans but. Et, grâce à Dieu, les expériences significatives témoignant de la force transformante de l’Evangile ne manquent pas non plus. Je pense au geste de cet étudiant Dinka qui, au prix de sa propre vie, protège un étudiant de la tribu Nuer destiné à être tué. Je pense à cette Célébration eucharistique, à Kitgum, dans le nord de l’Ouganda, alors ensanglanté par la férocité d’un groupe de rebelles, lorsqu’un missionnaire a fait répéter aux personnes les paroles de Jésus sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », en tant qu’expression du cri désespéré des frères et des sœurs du Seigneur crucifié. Cette célébration fut pour le peuple source de grande consolation et de beaucoup de courage. Et nous pouvons également penser aux nombreux, aux innombrables témoignages de la manière dont l’Evangile aide à surmonter les fermetures, les conflits, le racisme, le tribalisme en promouvant partout et entre tous la réconciliation, la fraternité et le partage.

La mission inspire une spiritualité d’exode continuel, de pèlerinage et d’exil

7. La mission de l’Eglise est animée par une spiritualité d’exode continuel. Il s’agit de « sortir de son propre confort et avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Evangile» (Exhortation apostolique Evangelii gaudium, n. 20). La mission de l’Eglise stimule une attitude de pèlerinage continuel à travers les différents déserts de la vie, à travers les diverses expériences de faim et de soif de vérité et de justice. La mission de l’Eglise inspire une expérience d’exil continuel, pour faire percevoir à l’homme assoiffé d’infini sa condition d’exilé en chemin vers la patrie définitive, tendu entre le « déjà » et le « pas encore » du Royaume des Cieux.

8. La mission dit à l’Eglise qu’elle n’est pas une fin en soi mais un humble instrument et une médiation du Royaume. Une Eglise autoréférentielle, qui se complait de ses succès terrestres, n’est pas l’Eglise du Christ, son corps crucifié et glorieux. Voila pourquoi nous devons préférer « une Eglise accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Eglise malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités» (ibid., n. 49).

Les jeunes, espérance de la mission

9. Les jeunes représentent l’espérance de la mission. La personne de Jésus et la Bonne Nouvelle qu’il proclame continuent à fasciner de nombreux jeunes. Ils cherchent des parcours au travers desquels mettre en œuvre le courage et les élans du cœur au service de l’humanité. « Nombreux sont les jeunes qui offrent leur aide solidaire face aux maux du monde et entreprennent différentes formes de militance et de volontariat […].Qu’il est beau que des jeunes soient “pèlerins de la foi”, heureux de porter Jésus dans chaque rue, sur chaque place, dans chaque coin de la terre ! » (ibid., n. 106). La prochaine Assemblée générale ordinaire du Synode des Evêques, qui se tiendra en 2018 sur le thème « Les jeunes, la foi et le discernement des vocations », se présente comme une occasion providentielle pour impliquer les jeunes dans la responsabilité missionnaire commune qui a besoin de leur riche imagination et de leur créativité.

Le service des Œuvres pontificales missionnaires

10. Les Œuvres pontificales missionnaires constituent un instrument précieux pour susciter en chaque communauté chrétienne le désir de sortir de ses propres frontières et de ses propres sécurités et de prendre le large pour annoncer l’Evangile à tous. Au travers d’une profonde spiritualité missionnaire à vivre au quotidien, d’un engagement constant de formation et d’animation missionnaire, des adolescents, des jeunes, des adultes, des familles, des prêtres, des religieux et des religieuses, des Evêques sont impliqués afin que grandisse en chacun un cœur missionnaire. La Journée missionnaire mondiale, promue par l’Œuvre de la Propagation de la Foi, constitue l’occasion propice pour que le cœur missionnaire des communautés chrétiennes participe par la prière, le témoignage de la vie et la communion des biens afin de répondre aux graves et vastes besoins de l’Evangélisation.

Etre missionnaires avec Marie, Mère de l’évangélisation

11. Chers frères et sœurs, soyons missionnaires en nous inspirant de Marie, Mère de l’Evangélisation. Mue par l’Esprit, elle accueillit le Verbe de la vie dans la profondeur de son humble foi. Que la Vierge nous aide à dire notre « oui » dans l’urgence de faire résonner la Bonne Nouvelle de Jésus à notre époque ; qu’elle nous obtienne une nouvelle ardeur de ressuscités pour porter à tous l’Evangile de la vie qui remporte la victoire sur la mort ; qu’elle intercède pour nous afin que nous puissions acquérir la sainte audace de rechercher de nouvelles routes pour que parvienne à tous le don du salut.

Du Vatican, 4 juin 2017
Solennité de la Pentecôte

François