Famille Combonienne

Rapport de la messe d’action de grâce à l’occasion des 20 ans des LMC au Congo.

LMC 20 años CongoLieux : Orphelinat Marie de la passion

Heure du début : 10H00

La célébration Eucharistie a était présidé par le Père célestin Ngoré, dont homélie était basé sur, la mission, le don de soi,

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Toute suite après la sœur responsable de l’orphelinat à inviter le prêtre à bénir la grotte nouvellement construite, nous nous sommes donc tous rendus devant la grotte pour la bénédiction, Ce fut un moment de grâce pour tous.

Prière :

Puis il y a eu une prière des LMC, nous nous sommes mis en cercle, mains dans la main pour prier en demandons l’intercession de la Sainte vierge marie, St Daniel Comboni, Les bienheureux Annualité et Bakanja en union avec tous les saints et sainte d’Afrique, pour dire merci à Dieu pour le don des LMC au Congo.  Nous nous sommes remis entre les mains du Seigneur, que lui qui a bien voulu commencer ce projets qu’il puisse continuer à être le protagoniste de notre mission, puisse-t-il donner à chacun la grâce nécessaire pour réaliser la mission qui lui donne.

Nous avons prié pour la coordination international des LMC (Comité central), la coordination africaine tous nos frères et sœurs en mission. Puisse le Seigneur nous donner une ligne de conduite, solidifier nos rapports et qu’il fasse de nous une famille forte, remplis d’amour,  un Avre de paix et un canal de sa grâce pour son peuple.

Prier pour les MCCJ, merci pour  leur soutient totale eu qui nous ont accueillis dans la famille combonienne et dès lors nous en porté a bous de bras, comme un enfant que l’on met au monde, ils nous ont  tout appris et malgré notre majorité aujourd’hui ils ne nous délaissent pas au contraire. Puisse Dieu les combler de sa grâce et ses bénédictions.

Prier pour l’orphelinat Marie de la passion qui nous reçoit, Que le Seigneur leurs assistes afin qu’ils ne manquent plus de rien.

En suite l’animation et cocktail avec les enfants, suivis d’une visite guidé du lieu, pour finir par les communiqué nous avons quitté les lieux à 13h00.


LMC Congo

Communauté internationale de formation au Portugal: expérience et illusion

LMC Cristina y TereLes qualités de chaque une peuvent enrichir à l’outre.

Ce temps que nous passons dans la communauté nous le vivons comme un période de préparation para la mission.

La rupture avec la vie quotidienne jusque maintenant, travail, amitiés, famille, priorités de la société de consume, etc. change pour arriver à une société de subsistance. Il nous fait penser qu’elles sont les priorités et/ou les besoins véritables.

En restant toujours orientées vers la mission et le regard en Jésus nous commençons la vie communautaire valorisant la richesse que nous en avons, la expérience d’une et la illusion de l’outre, nous permettant dépasser les défit que chaque jour nous trouvons.

Craintes, découragement en l’apprentissage de la langue, insécurité pour n’attendre les expectatives et exigences de la mission, difficulté d’adaptation et tous les pensées aux que par foi nous sommes surprises, très rapidement ils sont surmontés avec mutuel respect, oraison et le partage.

Le résultat de l’efforce que nous faisons pour nous nous comprendre cause des explosions de rire et remplie notre cœur d’amour et joie.

Cristina Soussa et Tere Monzón, Communauté LMC internationale de formation au Portugal               

Au-delà de la Collaboration: sous le regard de Comboni

Familia Comboniana“Le tout est plus que la partie,

et plus aussi que la simple somme de celles-ci”

(EG 235)

 Très chers frères, très chères sœurs, très chers Laïcs Missionnaires Comboniens

La beauté et la joie de la rencontre nous pousse à ouvrir des chemins nouveaux dans la collaboration entre les Instituts fondés par Comboni ou qui s’inspirent de lui.

Dans un monde où on construit des murs qui séparent et qui divisent, dans un monde chargé de préjugés à cause des différences des races, des langues et des nations, et qui a du mal à ouvrir la porte à celui qui est différent, nous sentons urgente l’invitation de Jésus à l’unité et à la communion: «Qu’ils soient un afin que le monde croie» (Jn 17,21). Cette unité n’est pas seulement une invitation à travailler avec les autres (collaborer), mais aussi à aller en profondeur dans les relations et à chercher de nouveaux chemins de rencontre fondés non pas sur l’affinité de caractère ou d’intérêts, mais sur l’Evangile qui nous appelle à nous ouvrir à l’accueil de l’autre avec ses limites, ses faiblesses, mais aussi avec sa richesse et sa beauté, en vue d’une mission plus féconde et génératrice.

Les dernières décennies ont vu des changements sociopolitiques profonds qui nous défient et qui nous provoquent à chercher de nouvelles structures pour rendre notre mission plus actuelle et significative. Les mouvements populaires demandent une participation active dans les processus de décision. Cela est vrai non seulement dans la société civile: cette vague de valeurs démocratiques est entrée aussi dans l’Eglise. La réalité laïque est toujours plus présente dans différents domaines du ministère qui autrefois appartenaient de manière exclusive aux prêtres et aux religieux et religieuses, et cela contribue à la mission en offrant un point de vue qui aide à faire une lecture plus profonde de la réalité. Ensemble avec les laïcs nous pouvons atteindre des milieux où la présence combonienne est désirée.

Réunis comme famille combonienne le 2 juin 2017, à l’occasion de la rencontre annuelle des Conseils Généraux, pour une journée de réflexion, de prière et de partage, nous nous sentons interpellés pour confirmer et renouveler notre désir d’entrer dans un chemin de collaboration plus profonde entre nous. Un chemin qui est déjà commencé depuis longtemps comme famille combonienne, mais qu’il est nécessaire de toujours renouveler et approfondir.

Nous avons fait mémoire du document sur la collaboration: «Collaboration pour la mission» – du 17 mars 2002 – à l’occasion de l’anniversaire de la béatification de Daniel Comboni. Dans cette lettre on a développé en profondeur non seulement le chemin déjà parcouru et les «indications opérationnelles», mais surtout les fondements évangéliques et comboniens de la collaboration. En effet l’Esprit de Jésus est l’Esprit d’unité que Comboni a désiré dès les débuts de sa famille, «petit cénacle d’apôtres… qui en même temps resplendissent et réchauffent» en révélant la nature du Centre dont ils sont issus, c’est-à-dire le Cœur du Bon Pasteur (E 2648).

Familia CombonianaAu cours de notre réflexion, nous nous sommes rendus compte qu’un long chemin de collaboration a été parcouru et qu’il est en train d’être parcouru de beaucoup de manières et dans des situations différentes de la vie de nos Instituts: il suffit de penser au partage au niveau des secrétariats et des offices généraux, mais aussi au niveau des circonscriptions, à travers la participation aux assemblées provinciales, aux récollections communes, aux célébrations comboniennes, aux cours de formation permanente. Il y a aussi des exemples de réflexion et d’actions pastorales d’ensemble dans des lieux où vivent ensemble des membres de nos Instituts et des LMC.

Nous sentons intensément que le désir de revitaliser notre être et notre faire mission ensemble est enraciné dans la nature de la personne humaine – être en relation – dans la Parole de Dieu et dans l’héritage reçu de notre fondateur Daniel Comboni. Il voulait que l’Eglise toute entière s’engage comme un seul corps dans l’évangélisation de l’Afrique: «Toutes les œuvres déjà existantes, qui ont pour but les intérêts des Noirs sont des œuvres de Dieu, mais elles donnent peu de fruits puisqu’elles sont isolées; si au contraire elles étaient unies et animées du seul désir d’implanter durablement la Foi en Afrique Centrale, elles seraient plus fortes, elles se développeraient plus facilement et elles deviendraient très efficaces pour atteindre le but voulu» (E 1100). Il y a plusieurs appels de sa part à cette collaboration, et en regardant son exemple, nous sentons renaître plus fort en nous cet esprit de collaboration.

Nous sommes conscients que sur ce chemin il y a aussi des écueils qui peuvent nous porter au découragement, tels qu’une maturité humaine et affective insuffisante, l’autoréférentialité, le protagonisme, l’individualisme, le manque d’identité, le partage de l’argent. En même temps ces situations sont des défis pour chercher, ensemble et avec créativité, de nouvelles formes de collaboration. Nous voudrions souligner certains avantages d’un travail d’ensemble en tant qu’Instituts comboniens: la beauté inhérente à la collaboration, la complémentarité, l’enrichissement réciproque, la ministérialité, le témoignage de vivre et de travailler en communauté – hommes et femmes – des personnes qui ont des nationalités et des cultures différentes… De cette manière non seulement nous devenons témoins de l’unité dans la diversité, mais nous sommes la semence de nouvelles communautés chrétiennes de frères et de sœurs témoins de la Parole que nous annonçons.

Nous avons un beau charisme commun qui a grandi et qui s’est développé dans des expressions différentes. Ainsi l’inspiration de Comboni chemine-t-elle dans l’histoire pour devenir annonce de l’Evangile à chaque génération, là où les peuples sont marginalisés. Le charisme grandit et se renouvelle quand il est partagé avec les autres qui le recréent dans la particularité de chaque style de vie chrétien. La diversité n’est pas une menace contre la forme propre de l’être combonien, mais elle renforce le sens d’appartenance quand il est vécu dans la simplicité et en donnant de l’espace à l’autre.

Nous nous permettons avec humilité de souligner quelques aspects pour lesquels nous sentons qu’il y a nécessité d’un effort créatif et audace pour améliorer la collaboration au niveau des personnes, des communautés, des circonscriptions et des Directions Générales: «Il faut toujours élargir le regard pour reconnaître un bien plus grand qui sera bénéfique à tous» (EG 235).

Nous nous engageons:

  • A mieux connaître l’histoire de nos Instituts, en faisant mémoire avec gratitude des merveilles de Dieu;
  • A connaître les personnes et la vie actuelle de nos Instituts, en communiquant ce que nous sommes et ce que nous faisons, à travers les moyens que nous avons pour un partage meilleur de nos activités et de nos projets pastoraux et missionnaires, en appréciant les efforts qui déjà se font;
  • A réfléchir ensemble sur la mission combonienne aujourd’hui dans le monde: les nouveaux paradigmes de la mission, la ministérialité (à travers des pastorales spécifiques) et l’interculturalité. Plus que donner des réponses à des problèmes, il est nécessaire de s’arrêter pour réfléchir et donner des ‘visions’ à nos Instituts ;
  • A commencer des communautés ministérielles, intercongrégationnelles (ou de la famille combonienne), où on vit dans le signe de la confiance réciproque. En regardant vers le futur, il faut penser à la manière de reconfigurer la Famille Combonienne pour un meilleur témoignage de notre travail missionnaire;
  • A travailler ensemble au niveau de la formation dans l’initiation de nos candidats et candidates au charisme et à la spiritualité combonienne, et en partageant des cours et des rencontres de formation permanente quand cela est possible (déjà une lettre sur ce thème a été écrite et distribuée à tous les formateurs des mccj pendant l’Assemblée de la Formation de Maia, au Portugal, en juillet 2017);
  • A approfondir notre spiritualité combonienne et favoriser des moments de discernement et de prière, à l’écoute de la Parole et des signes des temps, dans des occasions spéciales de la vie de nos Instituts, en promouvant des rencontres sur la spiritualité combonienne;
  • A répondre ensemble à des situations d’émergence ou à d’autres qui exigent un effort commun.

A l’occasion des 150 ans de la naissance de l’Institut des Missionnaires Comboniens et du 25ème du commencement de la configuration des Laïcs Missionnaires Comboniens, nous nous sentons poussés par l’Esprit à réaffirmer l’effort de la collaboration.

Avec la certitude que ce que nous venons de dire représente des chemins possibles sur la route de la collaboration, nous vous invitons à être créatifs et généreux, en nous ouvrant au souffle de l’Esprit Saint qui renouvelle toute chose et qui nous pousse à avancer avec confiance: «L’Esprit est le vent qui nous pousse en avant, qui nous maintient en chemin, nous fait sentir pèlerins et étrangers, et qui ne nous permet pas de nous reposer et de devenir un peuple ‘sédentaire’» (Pape François, audience du 31 mai 2017).

Familia CombonianaRome, 10 October 2017

 

Mother Luigia Coccia (Sup. Gen.)

Sr. Rosa Matilde Tellez Soto

Sr. Kudusan Debesai Tesfamicael

Sr. Eulalia Capdevila Enriquez

Sr. Ida Colombo

 

Dalessandro Isabella (Resp. Gen.)

Dal Zovo Maria Pia

Galli Mariella

Rodrigues Pascoal Adilia Maria

Ziliotto Lucia

 

Mr. Alberto de la Portilla (Coordinateur Comité Central LMC)

 

Fr. Tesfaye Tadesse Gebresilasie (Sup. Gen.)

Fr. Jeremias dos Santos Martins

Fr. Ciuciulla Pietro

Fr. Bustos Juárez Rogelio

Bro. Lamana Cónsola Alberto

Accueillir les nouveaux paradigmes et les défis de la mission

Paradigma-missione

En reprenant la vision du Concile Vatican II, le pape François a choisi le paradigme de “l’Eglise en sortie” comme programme missionnaire de notre temps. Cette reprise est significative parce qu’elle est contextualisée dans un monde, le nôtre d’aujourd’hui, qui est dans une grande discontinuité avec le passé. “Nous ne vivons pas dans une époque de changements, mais dans un changement d’époque”: par ces mots, le pape François nous a rappelé que les vieux schémas par lesquels nous interprétions le monde et la mission ne sont plus efficaces pour répondre aux défis d’aujourd’hui. La nouvelle réalité globale exige “une mission globale”, considérée dans toute sa complexité et avec des présupposés, un style et des instruments renouvelés par rapport à la tradition du passé (EG 33).

Le schéma classique qui voyait les Eglises du Nord envoyer des missionnaires dans le Sud du monde a été dépassé par les transformations des dernières décennies, avec la globalisation et une mobilité humaine qui ont atteint des niveaux jamais vus auparavant. Aussi les circonscriptions comboniennes reflètent ce changement: dans la composition de leur personnel, dans l’envoi des missionnaires vers d’autres provinces, dans le fait que l’animation missionnaire est un engagement présent partout et non plus un domaine de service exclusif des provinces du Nord du monde.

Le critère géographique de la mission ne constitue plus le point de référence principal. Reste l’idée de frontière, mais celle-ci maintenant se qualifie dans les périphéries humaines et existentielles. C’est un grand défi pour les instituts missionnaires dont la majorité des membres d’aujourd’hui a probablement adhéré à son institut en identifiant la mission avec une zone géographique particulière. Il y a un lien affectif avec la géographie et l’histoire; la notion de “mission globale” suscite quelques malaises, la crainte de se voir ‘bloqués’ dans le Nord du monde ou dans sa province d’origine à cause de l’idée que la “mission est partout”, ou “en Europe aussi”. En réalité cette préoccupation – compréhensible et justifiée – reflète encore le schéma géographique, qui, comme nous le disions, a été dépassé. Comment alors penser d’une manière alternative, qui réponde davantage aux réalités d’aujourd’hui?

Le Pape François nous invite à partir des frontières, les “périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Evangile” (EG 20). Celles-ci ne sont pas simplement une donnée géographique, mais le résultat d’un système économique et financier qui engendre l’exclusion, de la culture des déchets qui produit l’appauvrissement et la violence. Porter la lumière de l’Evangile dans ces périphéries demande avant tout l’insertion, c’est-à-dire:

  • une présence enracinée sur le territoire;
  • une implication dans la vie quotidienne des personnes;
  • la solidarité avec leurs souffrances et leurs instances;
  • accompagner cette humanité tout au long de tous ses processus, aussi longs et prolongés qu’ils soient.

Ici se trouve la clé de l’approche ministériel: cet accompagnement n’est pas générique, il ne s’agit pas d’une pastorale ordinaire portée dans les périphéries. Au Chapitre Général de 2015 on a vu que nous sommes présents, insérés dans quelques périphéries très significatives selon notre charisme, par exemple parmi les afro-descendants et les peuples indigènes de l’Amérique Latine, ou parmi les populations de pasteurs et les habitants des bidonvilles en Afrique. Mais souvent il n’y a pas une pastorale spécifique qui tient compte de la particularité du contexte, des situations, de la culture locale, de l’unicité de ce peuple-là. Une pastorale qui, dans la complexité du monde d’aujourd’hui, exige l’articulation de plusieurs ministères et une évangélisation comme œuvre de la communauté. Des communautés apostoliques qui non seulement collaborent en identifiant ses propres dons, mais aussi qui témoignent du Règne de Dieu en vivant la fraternité et la communion dans la diversité.

Tous ces éléments ne sont pas ‘nouveaux’; pris en eux-mêmes, ils peuvent déjà se trouver dans différentes expériences de notre Institut et on en a déjà parlé dans plusieurs Chapitres. Mais nous sommes appelés à les assumer dans une perspective nouvelle, ou comme un paradigme, c’est-à-dire un point de vue sur la mission qui en réorganise tous les aspects fondamentaux. L’image de “l’Eglise en sortie” est une icône qui suggère une idée de mission et une méthodologie pastorale (prendre l’initiative, s’impliquer, accompagner, fructifier, fêter, EG 24). Elle est paradigmatique, parce qu’elle demande qu’aussi d’autres dimensions fondamentales, comme la formation et l’organisation de notre Institut, deviennent cohérentes et finalisées à cette mission.

A ce point, comment pouvons-nous accueillir en pratique ce paradigme et quels sont les défis que nous devons affronter? Le Chapitre nous suggère de commencer par la mission, en partant de l’identification des priorités continentales, partagées par plusieurs circonscriptions et vécues avec une collaboration plus étendue, au niveau interprovincial ou continental. Dans le contexte de ces priorités, nous sommes appelés à développer des pastorales spécifiques pour requalifier notre présence et notre service missionnaire. En tenant ferme ce point central, nous aurons un point de référence pour repenser aussi notre formation et la réorganisation de notre Institut.

  1. Développer des pastorales spécifiques

Développer une pastorale spécifique est une tâche ecclésiale qu’on ne peut pas faire seuls. Cela demande dialogue, participation, collaboration, pluralité des compétences et des expériences. Surtout est nécessaire une méthode qui permette de valoriser tous les apports, d’accueillir les expériences et les perspectives différentes et de créer la communion dans la diversité. Una pastorale spécifique est assumée quand, malgré la diversité des points de vue, des perspectives théologiques, de sensibilité et des ministères, tous peuvent s’y reconnaître sans perdre leur identité. Ce point a une importance fondamentale, surtout pour un Institut qui est en train de grandir dans l’internationalité et qui commence à vivre le défi de l’interculturalité.

Tout cela est possible à partir du partage depuis la base des expériences les plus transformatrices par rapport à la pastorale spécifique prise en considération avec une approche de “Appreciative Inquiry”. La réflexion commune sur ces expériences régénératrices fait naître de nouvelles intuitions et compréhensions de ce qui fait devenir fructueux un ministère dans ce contexte précis.

Pour mieux en comprendre la raison de l’efficacité et pour en approfondir les dynamiques, ces expériences doivent être confrontées avec une analyse socioculturelle des contextes de la pastorale spécifique, pour en saisir le cadre d’ensemble, ses dynamiques et ses tendances.

D’une manière analogue, une réflexion théologique et ministérielle spécifique sur cette réalité nous aide à mieux focaliser nos ministères et à identifier les instruments opérationnels les plus adaptés.

Le passage suivant est celui du discernement participé de quelques principes qui peuvent nous guider dans un contexte pastoral spécifique. Justement parce qu’elles sont des lignes guides, ils ne donnent pas des solutions fabriquées à priori, mais ils laissent l’espace pour s’adapter à des situations particulières et pour la créativité. Sur cette base il sera possible de construire un chemin de communion où expérimenter, rechercher, apprendre, partager, échanger des expériences et des personnes, documenter des découvertes et des résultats, et ainsi de suite, dans des cycles continus d’action-réflexion (Action Learning).

  1. La réorganisation

Pour arriver à développer et à soutenir des pastorales spécifiques, il est nécessaire d’arriver graduellement à réorganiser nos présences et notre manière d’opérer. Jusqu’à maintenant notre présence missionnaire a été fondée essentiellement sur le critère géographique: les confrères sont affectés à une province et ensuite, selon les besoins, ils sont envoyés dans une communauté. Cette structure reflète le présupposé que – au-delà de quelques services particuliers – généralement le travail missionnaire consiste dans la fondation ou le développement jusqu’à leur maturité des communautés chrétiennes ou des paroisses. Mais celle-ci n’est pas l’unique manière de penser l’organisation du travail missionnaire.

Par exemple, les Jésuites, depuis quelques décennies, ont commencé à penser leur service missionnaire aussi comme une réponse aux besoins humaines des réfugiés (JRS), des personnes affectées par le SIDA (AJAN), et aux situations d’injustice (centres de foi-justice – Faith-justice). Les personnes sont préparées de manière adéquate et affectées à ces services.

Au cours des années récentes, aussi l’Institut combonien a commencé une réflexion sur l’approche ministérielle, en regardant en particulier quelques groupes humains qui subissent l’exclusion et à des ministères dans des domaines prioritaires (AC ’03 n. 43 e 50; AC ’09 n. 62-63; AC ’15 n. 45). Certainement l’élément géographique ne peut pas être mis de côté, aussi pour le fait que ces groupes humains sont situés dans l’espace, l’insertion dans l’Eglise locale exige aussi une présence paroissiale, mais le critère de référence est le ministère spécifique en faveur de ces peuples, ce qui demande:

  1. Des équipes pastorales. Elles sont composées par différents ministres, avec des compétences spécifiques et une variété de dons personnels, qui collaborent comme équipe. Etant donnée la complexité du monde d’aujourd’hui, il est opportun de mettre ensemble des compétences de genre différent, y compris par exemple celles qui viennent des sciences humaines et sociales. La diversité des compétences est une aide pour la collaboration; la différence des nationalités et des cultures à l’intérieur de l’équipe, vécue dans la fraternité, sont un signe prophétique dans un monde toujours plus divisé et conflictuel. Cette communion/solidarité est ce qui caractérise une équipe pastorale, qui n’est pas seulement une équipe de travail unie et efficace, mais une fraternité de disciples-missionnaires. Evidemment, des communautés qui ont un nombre moyennement élevé de membres auront plus de possibilités d’être significatives, pouvant mettre ensemble des compétences et des ministères complémentaires et transversaux (par exemple JPIC), mieux absorber les absences à cause de congé ou pour des raisons de santé, développer une réflexion plus riche et partager des compétences et des ressources avec d’autres communautés engagées dans la même pastorale spécifique. Cela demande la réduction du nombre de communautés, mais cela facilite le travail en réseau, du niveau local au niveau interprovincial.
  2. Travailler en réseau. L’équipe pastorale ne travaille pas dans l’isolement, mais avant tout elle est insérée et elle collabore avec l’Eglise locale. Elle va aussi plus loin, en coopérant avec différentes composantes de la société civile pour une transformation sociale inspirée par les valeurs du Règne. Il y a aussi d’autres niveaux de collaboration que l’expérience nous signale comme critiques: par exemple faire réseau avec d’autres communautés et des équipes ministérielles, soit au niveau régional soit au niveau international. Sans ce support et une impulsion continue vers l’ouverture et la croissance, pour l’échange et le partage des ressources, une équipe locale se trouvera bientôt sans oxygène. Surtout pour ce qui concerne la recherche, l’expérimentation, l’apprentissage continu et la réflexion sur les bonnes pratiques et l’innovation. Le monde continue à se déplacer, tandis que l’équipe risque de s’arrêter et de se fossiliser, ou de réagir face aux situations au lieu d’y répondre avec créativité.
  3. Des structures de soutien. Les différentes équipes engagées dans la même pastorale spécifique au niveau local ont besoin de structures de liaison et de soutien. Cela serait aussi le contexte le meilleur pour proposer des parcours de formation permanente, de recherche et d’expérimentation, pour mieux accompagner les personnes dans leur chemin d’inclusion et de transformation. La collaboration avec des institutions académiques et de recherche, par exemple, peut devenir une ressource utile, et aussi celle de secrétariats spécifiques et des processus de recherche et d’action participée. Il faut aussi repenser les structures dans lesquelles nous vivons ou que nous administrons dans notre ministère. Celles-ci en effet peuvent poser une certaine distance entre les personnes et les missionnaires, ou aussi les absorber tellement dans leur administration qu’ils perdent le contact direct avec les personnes ou la disponibilité à côté d’elles. Il faut aussi remarquer que le Fonds Commun Total est une opportunité qui peut nous aider à faire un programme participé et qui responsabilise dans le contexte d’une pastorale spécifique au niveau provincial. La dimension économique, en effet, concerne le choix des styles, des moyens, de la coopération et du programme d’un secteur pastoral, avec lequel interagissent les projets communautaires. Enfin la réduction et la requalification des présences et des services missionnaires demandées par le dernier Chapitre Général deviendront une réalité si nous aurons les instruments et la méthode pour les réaliser à travers des chemins de communion, inclusifs et participés. C’est là que se joue l’efficacité d’un leadership qui n’est pas seulement administratif, mais qui nous conduit vers un nouveau printemps.
  1. Une formation adéquate

Aussi la formation de base doit être revue pour développer des compétences ministérielles, surtout pour ce qui concerne le curriculum des scolastiques. Les programmes de théologie, qui généralement offrent une préparation théologique académique, ne forment pas nécessairement des attitudes et des compétences utiles pour l’approche ministérielle et n’offrent pas le soutien, les méthodologies et les instruments pratiques qui pourraient être utiles pour une pastorale spécifique. Et nous savons bien qu’un curriculum d’études est d’autant plus utile s’il va à l’encontre des choix des ministères spécifiques de notre Institut. On pourrait pourtant penser à la possibilité de qualifier la formation dans les scolasticats avec des orientations cohérentes avec les priorités ministérielles du continent où ils se trouvent. Même si un confrère se trouvera à travailler dans des contextes différents, il aura la possibilité d’y transférer les compétences ministérielles acquises qui constitueront une base meilleure pour en apprendre de nouvelles.

En conclusion, accueillir le nouveau paradigme de la mission ne signifie pas jeter à la poubelle le passé pour introduire seulement des choses complétement nouvelles. Il s’agit plutôt de réorienter et d’intégrer les différents aspects de la vie et du service missionnaire (pastorales spécifiques, personnes, réorganisation, économie) autour de la vision de mission indiquée par le Chapitre et des processus participatifs de requalification de nos présences et du service missionnaire.
Fr. Alberto Parise mccj

Questions

  1. Pour développer des pastorales spécifiques une lecture approfondie de la réalité est nécessaire. Est-ce que c’est une pratique commune (dans les communautés, les zones, les circonscriptions et les continents) de faire une lecture de la réalité (par exemple à travers l’adoption du cercle herméneutique) pour identifier les nécessités pastorales et adopter des modalités de présence et d’intervention qui rencontrent ces nécessités?
  2. Quels pas ont été faits dans ta circonscription pour repenser les objectifs, la structure, le style et les méthodes d’évangélisation selon une optique ministérielle?
  3. Les ministères spécifiques (qui concernent, par exemple, les afro-descendants et les peuples indigènes en Amérique Latine, les peuples pasteurs en Afrique et les résidents dans les bidonvilles, les réfugiés, etc.) demandent non seulement des équipes pastorales mais aussi un travail en réseau et des structures de soutien avec des perspectives pastorales continentales. Est-ce que notre programmation pastorale arrive-t-elle à dépasser les limites géographiques de la circonscription pour adopter une approche continentale? Quelles sont les structures continentales qui devraient être renforcées pour favoriser un critère continental face aux nécessités pastorales communes?